Pot de thé, pot de fer

 

 

 pot de the pot de fer

 

Pot de thé pot de fer, de Claude Hirsch, (2011, 70min)

Les ouvriers de l'usine Fralib de Gémenos, groupe Unilever, sont en lutte contre la menace de fermeture pour délocalisation.

Ils parlent de leurs conditions de travail, de leur révolte contre le patron et le capitalisme, de leur lutte pour continuer à travailler ici, maintenant, collectivement, pour eux, pour leurs enfants.I

Is s'interrogent. Ils résistent. Ils s'affirment...



Fiche du film :


Que restera-t-il de la lutte des Fralib dans quelques années?

Claude Hirsch, ancien ouvrier et syndicaliste dans l’automobile et réalisateur, a suivi les ouvriers, caméra à la main, pendant un an. Il en a tiré un film, Pot de thé / Pot de fer, présenté pour la première fois aux ouvriers le 23 septembre à l’usine de Gémenos.
Ce qui l’intéresse, c’est de parler des avancées et perspectives de la classe ouvrière. «
Ici c’est un groupe avancé de la lutte ouvrière. Ce que le film veut refléter, ce sont les difficultés des leaders syndicaux et les difficultés des ouvriers moyens combatifs avec leurs doutes et leurs croyances dans leurs délégués syndicaux. Le film est un constat de là où en est la classe ouvrière en 2011.»
Claude Hirsch a pu filmer pendant un an les moments les plus importants de la lutte. «
Au final, je suis content de la richesse de ce qu’ils ont dit par rapport à la problématique de l’état de la classe ouvrière.»



Un texte :


« Leur lutte est celle de toute une classe, la nôtre, celle des travailleurs ». Le 28 septembre 2010, le groupe Unilever a annoncé son projet de fermeture de Fralib Gémenos. Les salariés, leurs syndicats, CGT et CGC, ont démontré à plusieurs reprises que l’argumentaire économique avancé par la direction ne tenait pas la route. Unilever a tout mis en œuvre pour plomber l’usine de Gémenos pour délocaliser la production en Pologne.

Pot de terre pot de thé témoigne de la lutte des « Fralib » pour déjouer les velléités prédatrices du groupe Unilever. Dans tous les secteurs, la tentation d’un profit toujours plus grand mène les entreprises à déplacer tout ou partie de leurs unités de production vers des Eldorados pourvoyeurs d’une main d’œuvre toujours moins coûteuse. Invoquer le manque de rentabilité, la baisse de la demande, créer artificiellement des déficits, entreprendre des déménagements sauvages, ces « grands » groupes sont prêts à tout pour arriver à leur but allant jusqu’à pratiquer la politique de la terre brûlée. Mais pour vous donner une idée des conséquences directes d’une politique du profit à tout prix, nous vous livrons un texte écrit par Christian Sanchez et Yves Baroni salariés en grève à Fralib, avec la participation de Hélène Le Cacheux.
« On avait l’impression malgré notre appartenance à un groupe international (Unilever) de travailler comme un artisan - dans le sens noble du terme avec un vrai savoir-faire. Il fallait entre un et deux ans de formation pour connaître la fabrication des nombreuses recettes. On gérait, on contrôlait tout le processus de fabrication, on cuisinait, car malgré la similitude des processus chaque recette avaient ses exigences tant par la nature des plantes (thé de différentes origines ou plantes tels que camomille, tilleul, verveine) que par la météo ambiante (hydrométrie...) et le tout pour arriver a un produit uniforme de goût, texture. Pour cela on contrôlait de manière visuelle, tactile, olfactive et des contrôles en coopération avec le laboratoire. […] On utilisait des arômes naturels tels que des gousses de vanille pour le thé du même nom, du jus de citron, des fruits secs râpés, des épices, des zestes de fruits… »

Aujourd’hui, ils reçoivent des granulés ou un « liquide qu’ils mélangent au thé en 7 minutes le thé, à l’odeur » de ce qui est écrit sur l’étiquette. Pot de thé pot de fer, c’est la parole donnée à ces femmes et hommes : Ils parlent de leurs conditions de travail, de leur révolte contre le patron et le capitalisme, de leur lutte pour continuer à travailler ici, maintenant, collectivement, pour eux, pour leurs enfants.

 

 

http://www.cinemas-utopia.org/avignon/index.php?id=1616&;mode=film