Kashima Paradise

 

 kashima paradise


Kashima Paradise de Yann Le Masson (1973, 105 min)

Tourné lors des luttes contre la construction de l'aéroport de Naruto au Japon, qui voient la convergence des paysans et des étudiants.



Synopsis :

Entre Kashima et Tokyo, se construit vers 1970 l’aéroport de Narita : les paysans refusent de vendre leurs terres et affrontent les gardes mobiles envoyés pour les expulser. Portrait sociologique d’une nation, au début des années 1970.

À travers deux lieux symboliques de la modernisation du Japon, Kashima, vaste complexe sidérurgique et pétrolifère, et Narita, où devait être construit un immense aéroport et où s'est cristallisée l'opposition d'extrême gauche, "Kashima Paradise" démontre comment les traditions ancestrales de la société japonaise ont été utilisées par le capital pour servir de moteur aux mutations sociales et politiques.
Ce film dénonce les violents affrontements entre les forces de l'ordre et les paysans qui refusent de vendre leurs terres au profit de l'expansion économique du pays. Cependant, les officiels japonais, par la violence ou par la ruse, surmontent ces difficultés. Tout semble prouver que, comme à Kashima, c'est le "paradis" pour les trusts.
Filmé en noir et blanc avec une maîtrise qui a fait de ce film la référence du cinéma militant des années 70.



Un article du ciné club de Caen :


Un hélicoptère fait de l'épandage sur un champ de blé. "Le Japon est un pays à la philosophie impénétrable, aux traditions millénaires, à la pointe de la technologie. Pourtant, ici, comme partout ailleurs dans le monde, les usines les banques, le pouvoir sont aux mains d'une classe. D'une façon moins visible, les idées, les habitudes, la morale, tout ce qui fait la manière de penser la plus rependue sont imposées à tous par cette même classe qui domine la société : la bourgeoisie." énonce, politique et lyrique, le commentaire off

Exposition internationale d'Osaka. L'industrie promet qu'au 21e siècle, il ya aura harmonie entre la technologie et les aspirations aux rêves de nature. "Pas la fête d'un peuple, mais la fête d'une classe. Le Japon prétend ne pas avoir différentes classes, que la société est une grande famille on règne l'harmonie. La société se pense comme une relation de père à fils. Hors du groupe vous êtes orphelin. Le pavillon soviétique, consacré à Lénine, a perdu sa spécificité, une voix parmi d'autres".

Défilé du 1er mai à Tokyo avec ses slogans : "Satô dehors", "Non à la pollution", "Respecter la législation du travail", "Yankees go home !"

Mais une autre voix politique, plus insidieuse est là, dès le matin du japonais. Il y a celle consistant à garder la santé physique. Pour la santé morale le slogan de l'entreprise, image agrandie de la famille, image réduite de la société : santé, culture, loyauté, responsabilité, positivité, persévérance, gaîté, conciliation. Hourra pour Satô, Hourra pour Sanzô, Satô Sanzô remportera la victoire.

Le parti communiste harangue la foule et tient meeting. Les hippies vivent une liberté à l'intérieur de l'ordre établi. Ils croient échapper à cette société. Ils restent sourds au discours raisonnable du parti communiste comme au discours incendiaire de la gauche révolutionnaire. Celle-ci s'emporte contre le traité de sécurité nippo-américain et chante L'internationale.

100 kilomètres de Tokyo, village de Takeï, 95 maisons, 450 habitants à proximité de Kashima et Narita. En 1970, le gouvernement japonais vent lancer la construction d'un aéroport à Narita alors que treize sociétés menées Mitsubishi veulent réaliser un vaste complexe sidérurgique et pétrolifère à Kashima. A Narita les paysans refusent de vendre leurs terres . A Kashima, les paysans se laissent convaincre.

A Narita, les paysans affrontent les forces de l'ordre envoyées pour les expulser. La lutte de défense de la petite propriété se transforme en lutte contre le pouvoir des monopoles. Un orateur d'xtrême droite vient insulter les manifestants, les milices privées de l'entreprise tenetent d'apparaitre comme des victimes puis mlaissnt charger la police. La résiatance est vaincue Les voix s'éteignent et les bulldozer ratissent.

Mitsubichi tient congrès à Kashima et invite paysans et pêcheurs à l'inauguration de Kashima paradise. Acier, naphte, vinyle : l'or industriel ruisselle. La capitalisme a triomphé de l'absence de perspective, par le vertige de la consommation, le matraquage de la propagande. L'solement des classes laborieuses et leur absence d'organisation expliquent elur défaite. Mais selon le manifeste du parti communiste de 1848, les paysans et els pêcheurs sont dorénavant appeler à se fondre dans le prolétariat. leur attitude récationnaier passée prépare la révolution de demain.

 

Coréalisé avec Bénie Deswarte, Kashima Paradise est le chef-d'œuvre de Yann Le Masson.

Enquête au scalpel sur la société japonaise, mais aussi grand film d'action, Kashima Paradise est un monument du cinéma direct. Ce portrait sociologique en images d'une nation en plein essor économique démontre comment les traditions ancestrales de la société japonaise ont été utilisées par le capital pour servir de moteur aux mutations sociales et politiques.

Le film dénonce les violents affrontements entre les forces de l'ordre et les paysans qui refusent de vendre leurs terres au profit de l'expansion économique du pays. Cependant, les officiels japonais, par la violence ou par la ruse, surmontent ces difficultés. Les commentaires du film, écrits par Chris Marker, apportent de l'ironie au film, et expliquent avec clarté certains termes, actions ou thèmes abordés.

Arrimé à l'Histoire immédiate, témoignant de la fureur du monde, Yann Le Masson reste paradoxalement un très grand cinéaste de l'intime, filmant la perte, la maladie d'un proche ou l'émotion de la naissance avec une dignité bouleversante comme autant d'expériences personnelles rattachant chacun à l'universalité.

Une œuvre indispensable afin de mieux cerner le fonctionnement de la société japonaise.

 

lien vers l'article : http://www.cineclubdecaen.com/realisat/lemasson/kashimaparadise.htm