Cochon qui s'en dédit

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Cochon qui s’en dédit, de Jean-Louis Le Tacon (1979 - 37 min - Super 8)


synopsis

Quarante minutes au sein d’un élevage industriel de porcs. Il y a Maxime, emmuré seul avec mille bêtes assourdissantes. Il y a des tombereaux de merde, il y a ses rêves inavouables. Il n’y a rien d’autre à voir, il y a seulement à éprouver.

Pendant trois ans, en Super 8 et poussé par Jean Rouch, Jean-Louis Le Tacon filme la raison économique comme une machine de mort, l’histoire d’un type qui doit d’abord sauver sa peau. Mais lui appartient-elle encore, sa peau ? C’est le sujet : un corps souillé, essoré, sous une peau de porc.
Prix Georges Sadoul 1980, "Cochon qui s’en dédit" fit scandale. On ignorait alors à quel point il préfigurait les temps que nous vivons, telle une métaphore implacable. Semblable réquisitoire, en effet, appelle l’émeute.


Patrick Leboutte



Un article

Cochon qui s'en dédit parle d'une autre communauté, d'une autre expérience, sous une forme presque documentaire, mais intelligemment dramatisée : " Il traite du rapport d'un homme et de son travail " (Jean-Louis Le Tacon, co-réalisateur).

Un jeune homme venu de la ville avec sa femme se lance dans l'élevage intensif du porc. Il s'endette jusqu'au cou. La maladie décime son élevage, il échoue. Du militantisme (il a dirigé le groupe breton Torr e Benn), Jean-Louis Le Tacon est passé à l'ethnologie, et bien plus : une vision rabelaisienne, barbare, hénaurme, du conditionnement par le travail et l'argent. Son héros, Max, stakhanoviste du porcelet, nourrit des fantasmes inquiétants, qu'illustrent une admirable mise en scène et un commentaire souvent sublime.

 Que Cochon qui s'en dédit ait été tourné en super 8 - sur une durée de trois ans - et néanmoins couronné d'un grand prix professionnel marque une date dans l'histoire du cinéma de petit format.

 

Louis Marcorelles, Le Monde, 6 décembre 1980