Quatrième festival du documentaire politique et social en Creuse

Présenté par : Autour du 1er mai - Creuse Citron - Emile a une vache - Peuple et Culture 19 - La loutre par les cornes.

Le vendredi 17 juin 2011 : à l'Atelier (Royère de Vassivière) à partir de 21h30.

Le samedi 18 juin 2011 : aux Plateaux Limousins (Le Villard) de 10h à 24h.


Antipub à la rouennaise - 2007 - France - Durée : 16 mn.

Un film de Jean-Loup Wolfmann.


Depuis maintenant quelques années, la ville de Rouen constitue un poste avancé du mouvement antipub en Europe. Dans cette petite ville sont représentés tous les courants de la contestation, du militantisme institutionnel du R.A.P, à l'extrémisme de la Bande à Jésus, en passant par l'avant-gardisme des désormais mythiques Moutons Moutardes et la nouvelle forme de combat instituée par les Déboulonneurs.

Sociologue, psychologue, critique littéraire et journaliste, le politologue Jean-Loup Wolfmann a voulu transmettre à travers ce témoignage, l'esprit de ce que fut l'âge d'or du militantisme antipub rouennais. Compulsant les archives des médias locaux et nationaux, allant, parfois au péril de son intégrité physique, à la rencontre des acteurs de ce dangereux théâtre, l'auteur de ce document nous livre un instantané de ce qui fut un moment de grâce de la contestation post-moderne.


Ben Hora - 2010 - France - Durée : 4 mn.

Un film de Nicolas Bianco et Julie Rembauville - Production : Sacrebleu Productions.


"Ben Hora" est un vidéoclip d'animation. Le film s'ouvre sur l'arrivée en bateau d'une famille de migrants dans un nouveau monde fantasmé et met en scène sa déception face aux lois absurdes de cette société ultra-normée. Ils ne peuvent se plier à ces lois.










Le repos du fakir - 2003 - France - Durée : 6 mn.

Un film de Gilles Paté et de Stéphane Argillet - Production : Canal Marches.


Le "Repos du fakir" esquisse une typologie du mobilier urbain parisien. Tous ces objets sont méticulieusement conçus pour empêcher qu'on s'y étende jamais.

L'observation des espaces de la capitale vaut pour toutes ces villes où cette conception de l'espace public se répand.

La gestion technocratique considère les corps comme des objets qui gênent la régulation des flux. Les citoyens sont infantilisés, agressés par ces dispositifs anti-ergonomiques.

L'espace est dégradant/dégradé. Aujourd'hui, l'espace public cesse d'être un espace partagé. Il incarne les violences des pouvoirs.


ARTICLE D'UN DES REALISATEURS, GILLES PATE

Typologie de mobiliers urbains parisiens

Le mobilier urbain est la partie visible d’un urbanisme hygiéniste qui modèle nos comportements dans les espaces dits publics. On ne peut plus se regrouper nulle part. On ne peut plus se reposer sur les bancs : ils glissent. Il en est de même des espaces collectifs des facultés construites après 68 : pas de rassemblement, pas de réunion ( fac de Tolbiac, paris 13ème).Cet urbanisme refoule les zonards, les sans abris, les jeunes vers des lieux moins contrôlés, hors du centre de Paris ville -monument obsédée par l’image figée, "propre" qu’elle veut donner d’elle même.

1) Piques à humains

Situés devant des devantures de banques ou de magasins de produits de luxe, ces piques en métal empêchent les passants de s’asseoir en attendant le bus : les corps obstruent la vision des marchandises exposées. On connaissait les piques à pigeons pour protéger les monuments, voilà maintenant les piques à humains ! Ceux qui osent encore s’y asseoir deviennent de véritables fakirs de l’espace public.

2) Sièges "assis - debout"

Créés par différentes agences de design pour le métro parisien, ces sièges pudiquement appelés "assis - debout" sont censés répondre aux attentes des nouveaux "nomades urbains", entendez les jeunes cadres dynamiques qui parcourent Paris avec leur ordinateurs portables. Ces sièges hauts, inconfortables pour les personnes trop petites, âgées, serviraient donc à "l’appui éphémère" dans les stations devenues des "lieux d’étape". Derrière ce discours publicitaire se cache la réalité du cahier des charges de ces bancs : empêcher la position couchée des sans abris, appelés dans le jargon de la RATP les "indésirables".

3) Sièges individuels

"On offre des sièges individuels, on reconnaît l’individu, la personne, le client" designers de la RATP

Derrière ces propos positifs se cachent des dispositifs sécuritaires : individualiser l’usager c’est aussi l’isoler des autres par des accoudoirs , par la forme en coque du siège, le séparer de son voisin en espaçant de plus en plus les sièges. Plus de réunions improvisées, plus de flirts sur les bancs publics : on s’assoit seul, et on circule.

4) décors obstructifs

Devant les entrées d’immeubles, regardez les anciennes jardinières : elles fleurissent de rochers artistiquement agencés, de galets, voire de faux cactus. Ces nouvelles décorations n’ont pas été placées là uniquement parce qu’elles sont faciles à entretenir : elles empêchent les regroupements, l’abri et la mendicité auprès des riverains.

Traiter l’effet et pas la cause

Tout le monde souffre de cet inconfort. Mais les sans abris sont les véritables victimes de cette politique absurde : pour eux, c’est la violence absolue, ajoutée à l’absence de sanitaires publics et aux difficultés d’accès aux foyers d’hébergement. Et pourtant, ce design qui cherche à les exclure est en partie inefficace : les sans abris restent dans les espaces où les touristes circulent car l’argent circule aussi. Et ils dorment quand même dans le métro quand il fait froid, mais par terre. Il faut remplacer ce design d’exclusion par un véritable travail social, une autre politique de logement des précaires, une autre conception de l’espace public.

Un urbanisme de situation

Loin du design des mobiliers urbains sur catalogues, une autre conception de l’aménagement existe : un urbanisme participatif, de situation, qui favorise le regroupement des citoyens, une conception transversale de la ville, élaborée directement avec les désirs et les savoirs faire des habitants, où l’architecture, le travail social, le paysagisme et l’art s’interpénètrent.

Gilles Paté, plasticien, novembre 2003 - Article paru dans le numéro de novembre de "EXISTENCE", le journal de l’Apeis (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité)


Site intéressant à consulter :

canal Marches



(Les) barbares - 2010 - France - Durée : 5 mn.

Un film de Jean-Gabriel Périot - Production : Sacrebleu Productions.


Nous, plèbe ; nous, barbares !

Fidèle à sa manière, Jean-Gabriel Périot manipule des documents d'archives et poursuit sa réflexion sur la violence visible ou cachée.

Des dizaines de portraits de groupes défilent à un rythme qui s'accélère comme celui de la musique jusqu'au tournant du film ; se succèdent alors des images plus brutales.











The job (L'emploi)- 2010 - Angleterre - Durée : 3 mn.

Un film de Jonathan browning - Production : Screaming Frog productions


Ce "clip" a été acclamé par tous ceux qui l'ont vu.

Une parodie mordante sur le thème de l'immigration et du travail clandestin. Espérons que cela devienne plus vrai que nature !


Site intéressant à consulter :

Streaming Frog


Lapsus - 2007 - Argentine - Durée : 3 mn.

Un film de J-P Zaramella - Production : MPZ Studio, Buenos Aires.

Une courte mais amusante animation du réalisateur argentin Zaramella avec en vedette une petite religieuse. A voir !


Site intéressant à consulter :

Zaramella





Plastic and glass - 2009 - France - Durée : 14 mn.

Un film de Tessa Joose - Production : Le Fresnoy, studio national des arts contemporains.


On pourrait dire de "Plastic and Glass" que c’est un documentaire enchanté, un drôle d’objet où le rythme produit par les sons d’une usine de tri sélectif forme peu à peu l’air d’une chanson dont le refrain entêtant et joyeux donne son titre au film. On avait jadis assisté à un phénomène semblable dans une séquence de "Dancer in the Dark" de Lars von Trier. Là, des sons hydrauliques entraînaient l’héroïne du film dans le chant et la danse. Mais ici, il ne s’agit pas de décoller d’une réalité tragique et glauque par les moyens conséquents de la comédie musicale. "Plastic and Glass" est tout en légèreté et la musique émane de l’usine elle-même, des objets mécaniques aussi bien que des gestes de ceux qui y travaillent – elle ne s’en échappe pas, elle en sourd littéralement.

Mais le caractère simple, naturel de "Plastic and Glass" n’en fait cependant pas qu’une ode sympathique aux métamorphoses à venir des objets triés, voire pire, une apologie naïve du travail à la chaîne. L’impression que laisse le film est profonde et tient à son sens du détail, à son écoute et à sa charge métaphorique. À son mi-temps, la chanson surgit et prend corps à travers les travailleurs de l’usine. Et ce qui est remarquable, c’est que chacun d’entre eux existe. De l’ensemble qu’ils forment et malgré le côté mécanique de leur tâche, se détachent des visages, des attitudes et des voix singulières.

"Plastic and Glass" nous transporte ailleurs que dans l’usine où nous sommes, nous fait voir ce qu’on ne voit pas en général, le mouvement d’un bleu de travail qui accompagne les gestes de celui qui le porte, et par les vertus du chant, même fredonné, fait affleurer à la surface d’un visage l’état d’âme de ceux qui sont à la tâche. Il y a, en effet, quelque chose de grave dans la déflation joyeuse de l’euphorie industrielle que met en œuvre le film. Les paroles de la chanson résonnent comme une promesse, au futur de l’indicatif, d’un monde où tout se recycle, postlude à la frénésie productive d’une ère révolue où le progrès se confondait avec la génération exponentielle d’objets et d’emballages.

François Bonenfant




Acouphènes - 2004 - France - Durée : 17 mn.

Un film de François-Xavier Drouet - Production : Ardèche Images.


Acouphènes est un court-métrage documentaire sur la question du risque nucléaire. Le réalisateur incarne un jeune homme candide, terrorisé depuis son enfance par l’idée d’un accident atomique. Pour apaiser son angoisse, il se rend à Pierrelatte, près de la centrale du Tricastin. Interrogeant avec humour le déni des habitants et la fabrique du consentement par les autorités, sa quête s’achève dans un cauchemar apocalyptique. Entre fable documentaire et vraie-fausse enquête aux accents surréalistes, Acouphènes questionne l’adhésion à la société du risque…


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