Quatrième festival du documentaire politique et social en Creuse

Présenté par : Autour du 1er mai - Creuse Citron - Emile a une vache - Peuple et Culture 19 - La loutre par les cornes.

Le vendredi 17 juin 2011 : à l'Atelier (Royère de Vassivière) à 21h30.

Le samedi 18 juin 2011 : aux Plateaux limousins (Le Villard) de 10h à 24h.

FILMS SELECTIONNES POUR LE FESTIVAL 2011

(sous réserve d'obtenir les droits et autorisations nécessaires)

Acouphènes - 2004 - France - Durée : 17 mn.

Un film de François-Xavier Drouet - Production : Ardèche Images.


Acouphènes est un court-métrage documentaire sur la question du risque nucléaire. Le réalisateur incarne un jeune homme candide, terrorisé depuis son enfance par l’idée d’un accident atomique. Pour apaiser son angoisse, il se rend à Pierrelatte, près de la centrale du Tricastin. Interrogeant avec humour le déni des habitants et la fabrique du consentement par les autorités, sa quête s’achève dans un cauchemar apocalyptique. Entre fable documentaire et vraie-fausse enquête aux accents surréalistes, Acouphènes questionne l’adhésion à la société du risque…


Photos :

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Antipub à la rouennaise - 2007 - France - Durée : 16 mn.

Un film de Jean-Loup Wolfmann.


Depuis maintenant quelques années, la ville de Rouen constitue un poste avancé du mouvement antipub en Europe. Dans cette petite ville sont représentés tous les courants de la contestation, du militantisme institutionnel du R.A.P, à l'extrémisme de la Bande à Jésus, en passant par l'avant-gardisme des désormais mythiques Moutons Moutardes et la nouvelle forme de combat instituée par les Déboulonneurs.

Sociologue, psychologue, critique littéraire et journaliste, le politologue Jean-Loup Wolfmann a voulu transmettre à travers ce témoignage, l'esprit de ce que fut l'âge d'or du militantisme antipub rouennais. Compulsant les archives des médias locaux et nationaux, allant, parfois au péril de son intégrité physique, à la rencontre des acteurs de ce dangereux théâtre, l'auteur de ce document nous livre un instantané de ce qui fut un moment de grâce de la contestation post-moderne.


Argentine, le soja de la faim - 2005 - France - Durée : 23 mn.

Un film de Marie-Monique Robin.

L'Argentine a tout misé sur la culture d'un soja transgénique produit par Monsanto. Les herbicides les plus puissants, vendus également par Monsanto, épargnent le soja, mais contaminent les cultures vivrières et la population. Problèmes de santé, déforestations massives, utilisation croissante de pesticides, la sécurité alimentaire de l'Argentine est menacée.


1996 : le gouvernement argentin autorise la culture du soja transgénique « Roundup Ready ». Produit par Monsanto, ce soja a été manipulé génétiquement pour résister au Roundup, un « herbicide total » à base de glyphosate fabriqué par... Monsanto. Ebranlés par une grave crise économique, qui met le pays au bord de la faillite, les paysans achètent massivement le fameux « paquet technologique » : semences et herbicide. Ils sont encouragés par le gouvernement, qui profite de la crise européenne de la vache folle pour engranger des devises et éponger une dette extérieure colossale : en effet, à la fin des années quatre-vingt-dix, l'interdiction des farines animales a provoqué une flambée des cours du soja.

Dix ans plus tard, l'Argentine représente le deuxième producteur mondial d'OGM et le soja transgénique couvre la moitié de ses terres cultivables, soit quatorze millions d'hectares. L'ampleur du phénomène est telle que la presse parle d'un véritable « processus de sojisation » du pays, entraînant de multiples conséquences, économiques, sociales et environnementales.

Les paysans et agronomes sont inquiets : l'usage massif de glyphosate a entraîné l'apparition de mauvaises herbes tolérantes, d'où la nécessité d'utiliser deux fois plus d'herbicide. Au niveau national, la consommation annuelle est passée d'un million de litres dans les années 90 à 150 millions en 2004.

Épandu par avion, jusqu'aux portes des maisons, le glyphosate provoque de graves problèmes de santé : fausses couches, mort foetale précoce, problèmes respiratoires, de peau, ou de la thyroïde.

Il affecte aussi les cultures vivrières, poussant les petits paysans à quitter leurs terres : en dix ans, cent mille exploitations familiales ont disparu. Un phénomène qui s'explique aussi par le processus de concentration des terres qu'a entraîné le développement d'une agriculture industrielle et commerciale tournée exclusivement vers les exportations.

La « fièvre » du soja provoque des déforestations massives : au cours des cinq dernières années, 800 000 hectares de forêts primitives, riches en biodiversité, sont partis en fumée.

Des voix commencent à s'élever pour dénoncer le « tout soja » qui menace la sécurité alimentaire du pays. D'autant plus que la baisse du cours du soja rend la culture moins rentable et qu'un conflit oppose les paysans, mais aussi le gouvernement argentin à Monsanto : en 2004, la compagnie a créé la surprise en réclamant des royalties rétroactives sur toutes les semences utilisées depuis neuf ans. Au début, pourtant, elle avait assuré que les paysans pouvaient conserver une partie de leur récolte pour la ressemer, l'année suivante sans avoir à payer de droits d'auteur. « Ce fut un piège », assurent, aujourd'hui les Argentins, qui craignent de ne plus pouvoir faire marche arrière.

de "Alerte verte !"


Aubervilliers - 1946 - France - Durée : 25 mn.

Un film d'Eli Lotar.

Commentaires de Jacques Prévert dit par Roger Pigaut.

Musiques de Joseph Kosma.

Chansons interprétées par Germaine Montéro et Fabien Loris.


Un film réalisé dans la banlieue parisienne au cours de l'été 1945 et dont le but est d'attirer l'attention sur les conditions d'existence des habitants des grandes villes. Aubervilliers, devenu un classique du cinéma documentaire, s'inscrit dans un double courant : celui du cinéma militant et du documentaire social.

On suit la navigation d'une péniche sous les ponts de Paris (Notre Dame de Paris est dans la brume), la manoeuvre au passage d'une écluse du canal Saint-Martin, l'arrivée à Aubervilliers.

L'activité industrielle d'Aubervilliers est visible sur le canal et sur les rives. Plans descriptifs des péniches, de l'eau croupie, de la baignade des enfants dans cette eau dans laquelle surnage un chat crevé. Des femmes et des fillettes ramassent du charbon au bord des voies ferrées du canal.

Description des conditions de travail dans les usines, les docks, les entrepôts. Des ballots de coton sont transportés par les rues.

La caméra nous conduit dans les taudis du quartier du Landi "Les maisons (nous dit le commentaire) n'ont rien à envier aux usines pour l'hygiène, le confort, la gaieté..." un immeuble insalubre, une jeune fille va chercher de l'eau à la fontaine, les enfants jouent dans les caniveaux...


(Les) barbares - 2010 - France - Durée : 5 mn.

Un film de Jean-Gabriel Périot - Production : Sacrebleu Productions.


Nous, plèbe ; nous, barbares !

Fidèle à sa manière, Jean-Gabriel Périot manipule des documents d'archives et poursuit sa réflexion sur la violence visible ou cachée.

Des dizaines de portraits de groupes défilent à un rythme qui s'accélère comme celui de la musique jusqu'au tournant du film ; se succèdent alors des images plus brutales.











Bassidji - 2009 - Iran - Durée : 114 mn.

Un film de Mehran Tamadon - Production : Aloest Productions.


Un an après la réelection contestée de Mahmoud Ahmadinejad et les manifestations sévèrement réprimées qui ont suivi, la caméra de Mehran tamadon dresse un portrait inédit d'une frange de la société iranienne au rôle prépondérant.

Allant à la rencontre des défenseurs des valeurs fondamentales de la révolution islamique, les bassidjis, le cinéaste essaye de déchiffrer la société iranienne entre glorification du martyr et respect des lois islamiques d'un côté et la fenêtre ouverte sur le monde par le biais d'internet de l'autre.







Ben Hora - 2010 - France - Durée : 4 mn.

Un film de Nicolas Bianco et Julie Rembauville - Production : Sacrebleu Productions.


"Ben Hora" est un vidéoclip d'animation. Le film s'ouvre sur l'arrivée en bateau d'une famille de migrants dans un nouveau monde fantasmé et met en scène sa déception face aux lois absurdes de cette société ultra-normée. Ils ne peuvent se plier à ces lois.











(Un) blocage sinon rien - 2010 - France - Durée : 13 mn.

Un film d'actualités du collectif : Christine Gabory, Ivora Cusak, Agathe Dreyfus - Production : 360° et même plus.


Miramas, le 29 octobre 2010 à 6h30 du matin, à l'appel de la CGT, des grévistes et sympathisants en lutte contre la réforme des retraites, se retrouvent pour une action encore tenue secrète...


Site intéressant à consulter :

360° et même plus







Ceux de la colline - 2009 - France/Suisse - Durée : 72 mn.

Un film de Berni Goldblat - Coproduction : MirFilms - Cinédoc Films.


Autour d'une mine d'or improvisée sur la colline de Diosso au burkina Faso vivent des milliers de personnes : orpailleurs, dynamiteurs, marchands, prostituées, enfants, guérisseurs, coiffeurs et marabouts composent cette ville éphémère.

Ces hommes et femmes ont tout abandonné dans le même but : faire fortune. Malgré les dangers et les désillusions, la ruée vers l'or continue inlassablement.


Prix du meilleur film documentaire au Brooklyn International Film Festival 2009

Prix spécial du jury et Prix du public au Festival International du Film Francophone de Namur 2009

Mention spéciale au festival black Movie de Genève 2010







Dans les ourlets de l'Oncle Sam (Low income) - 2010 - France - Durée : 27 mn.

Un film de Vincent Fertey - Autoproduction.


Le documentaire "Low income" desse un portrait peu conventionnel de l'Amérique à travers les témoignages de quatre personnages ordinaires. Leur point commun est de vivre ou de travailler dans l'une des petites pensions du quartier Tenderloin de San Francisco : l'hôtel Cadillac.

Cet hôtel a été construit en 1907 en vue de la grande foire commerciale Panaméricaine de 1915. Il a accueilli des grands commerçants et des clients fortunés venus de tout le pays. Ironie du sort, un sciècle plus tard, cet hôtel héberge les exclus du rêve américain. Ceux à qui la chance n'a pas souri.

Ce film n'est pas un documentaire journalistique, c'est un travail plus personnel qui cherche justement à échapper aux contraintes des documentaires formatés pour la télévision. C'est un film "tout sonore", sans commentaire.



D'égal à égales - 2010 - France - Durée : 52 mn.

Un film de Corinne Mélis et Christophe Cordier - Production : Canal Marches.


CE FILM S'INTERESSE A DES PIONNIERES.

Elles sont migrantes ou filles d'immigrés, et syndicalistes. Elles ont choisi de s'engager face à la dureté des conditions de travail et à la précarité des salariés, notamment dans les secteurs des services aux particuliers et aux entreprises, où l'on retrouve nombre de femmes issues de l'immigration.

Activistes en milieu masculin, elles sortent des rôles féminins attendus. Elles prennent la parole, librement inspirées par les ouvrières en lutte de LIP qu'elles redécouvrent à travers le film "A pas lents" du collectif ciné-luttes (1977).

Par-delà les conflits du travail, elles nous racontent une démarche d'émancipation individuelle et collective dans une société où sexisme et racisme restent d'actualité, tandis que s'accentue la précarisation du salariat.

Dans l'espoir d'être traitées, enfin, "d'égal à égales".


Site intéressant à consulter :

Egales

Eut-elle été criminelle - 2006 - France - Durée : 10 mn.

Un film de Jean-Gabriel Périot - Production : Envie de Tempête Productions.


France, été 44. À la libération, des femmes humiliées, tondues...

Contre l'histoire toujours écrite par les vainqueurs, le réalisateur interroge les enjeux de la mémoire collective et ses oublis..


"La Famille Digitale" participe à la diffusion de ce film.

La Famille digitale

La Famille Digitale (LFD) est un collectif d'auteurs de cinéma documentaire de création et une maison d’édition audiovisuelle et multimédia, associative et indépendante. Elle réalise, édite et diffuse des œuvres documentaires en dehors des circuits industriels.

Films documentaires de création, expérimentaux, d’animation ou encore narrations sonores, au-delà des genres, ce sont surtout les écritures et les regards non contraints qui intéressent La Famille Digitale...

Site très intéressant à consulter :

La Famille digitale

"Envie de tempête production" participe aussi à la diffusion de ce film.

Site très intéressant à consulter :

Envie de tempête


Ils nous tueront tous - 2010 - France - Durée : 10 mn.

Un film de Sylvain George - Production : Noir production.


Ecrivain et activiste, Sylvain George rend compte des luttes et de l’oppression dont souffrent les clandestins partout en Europe, dans un style inspiré notamment par Walter Benjamin, le free jazz et Peter Emanuel Goldman. En super 8 et en vidéo, il explore les zones sombres de l’histoire, les couloirs de migration, les seuils et les verrous de la Forteresse Europe. Ce court-métrage nous emmène dans un camp de fortune des migrants de Calais, furtif instant de répit entre deux rangées de grillage, position stratégique dérisoire d'où ils peuvent voir arriver les flics d'un côté, et s'enfuir de l'autre. "It's a bad life, it's a shitty life".

Ce film a été réalisé dans le cadre de l'initiative "Outrage et rebellion", série de films lancée en réponse aux violences policières qui ont coûté un oeil à Joachim Gatti.







Lakota land, terre de survie - 2009 - France - Durée : 90 mn.

Un film de Sophie Gergaud et d'Edith Patrouilleau - Production : La Tête dans les Nuages.


Réserve de Pine Ridge, Etats-Unis.

Après plus d'un siècle de politique fédérale visant à déposséder les Amérindiens de leur territoire, les Lakota (Sioux) décident de mettre le passé douloureux de la colonisation de côté et de regarder de manière constructive vers l'avenir.

Un vaste mouvement de récupération des terres se met en place. Et des projets économiquement viables, respectueux de l'écologie et de leur culture, luttant contre la pauvreté et le désoeuvrement, peuvent enfin voir le jour.








Lapsus - 2007 - Argentine - Durée : 3 mn.

Un film de J-P Zaramella - Production : MPZ Studio, Buenos Aires.

Une courte mais amusante animation du réalisateur argentin Zaramella avec en vedette une petite religieuse. A voir !


Site intéressant à consulter :

Zaramella





(Les) larmes de l'émigration - 2010 - Sénégal/France - Durée : 45 mn.

Un film d'Alassane Diago.


Encore un film sur l'immigration africaine? Non, un film sur l'émigration, du point de vue de ceux qui restent… Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un regard occidental qui est porté sur cette réalité, mais la vision d'Alassanne Diago, l'un des très rares réalisateurs du continent africain, qui filme ici sa propre famille: "c’est l’histoire de ma mère qui attend mon père, parti il y a plus de 20 ans. C’est aussi l’histoire de ma sœur qui, aujourd’hui, attend son mari parti il y a cinq ans et celle de ma nièce qui elle non plus ne connaît pas son père. Avec ma caméra, je repars après deux ans d’absence dans ma communauté à Agnam Lidoubé, un village du Fouta sénégalais, pour comprendre comment et pourquoi ma mère a passé toutes ces longues années à attendre."


Photo :

Photo

(Un) monde pour soi - 2010 - France - Durée : 27 mn.

Un film d'Yann Sinic - Production : Cosmographe Productions/BRL ingénierie.


"Ca a commencé par une simple maison. Un jour, j'ai vu surgir, au milieu des champs, une forme industrielle qui ne renvoyait à rien. A aucune histoire, aucune culture, à aucun environnement.

Il y en a eu une deuxième, puis une troisième, et maintenant le paysage est constellé de maisons standardisées.

Au début, j'ai cru qu'elles finiraient par se fondre dans le décor mais le temps n'y a rien fait. le monde ancien est mort et ces maisons qui poussent les unes à côté des autres en se tournant le dos n'en créent pas de nouveau."

(extrait de la voix off)







(Un) monde sans fous ? - 2009 - France - Durée : 66 mn.

Un film de Philippe Borrel - Coproduction : Cinétévé - Forum des images avec la participation de France Télévisions, Planète et du CNC.


En 2010 en France, la folie déborde dans les rues et dans les prisons. Faute d'avoir trouvé une prise en charge adéquate dans les services d'une psychiatrie publique en crise profonde, de moyens et de valeurs, ces malades psychotiques chroniques se retrouvent de plus en plus exclus de la société.

La réponse des pouvoirs publics s'est jusqu'ici focalisée sur des questions sécuritaires, au grand dam des professionnels, des patients et de leurs familles, qui s'alarment de voir désormais remise en cause leur conception humaniste de la psychiatrie, née il y a cinquante ans.

Au moment où le gouvernement s'apprête à réformer la psychiatrie au profit d'une nouvelle politique de "santé mentale" pour tous, avec des programmes de prévention, dans les écoles, dans les entreprises, quelle place notre société réserve-t-elle encore à la folie?

Comment la psychiatrie est-elle instrumentalisée par le système néolibéral au pouvoir, pour servir de caution pseudo-scientifique à une politique gestionnaire et sécuritaire qui se durcit ?


Document très important, engagé même de façon discrète mais ferme pour un psychiatrie humaniste. De très belles images, un montage très judicieux, un commentaire appuyé et fort, des séquences "parlantes". Un début avec une séquence émouvante mais digne, sans pathos. Des paroles de patients judicieuses, drôles et touchantes : "moi je vous le dis, j’ai appris une chose, il faut pas se précipiter !" entre autres. Les difficultés de parents confrontés à la complexité et à leurs inquiétudes. La mise en images du travail de lobbying affirmé de FondaMental, qui doit nous inciter à ne pas nous laisser distraire par le "Diviser Pour Régner"....


Site intéressant à consulter :

Cinétévé

Nosotros del Bauen - 2010 - Argentine - Durée : 95 mn.

Un film de Didier Zyserman - Production : Dynamo productions.


Dans le coeur de Buenos Aires, l'hôtel Bauen, fut construit sous la dictature militaire, pour accueillir la coupe du monde de football.

Durant 25 ans, ses employés ont servi l'élite argentine et accueilli les touristes venus du monde entier. Depuis mars 2003, ils travaillent en autogestion, se partageant les tâches et les salaires, votant lors d'assemblées générales toutes les décisions les concernant.

Elena, Osvaldo, Santiago, Marcello, sont quelques-uns des employés de la coopérative. Ils luttent aujourd'hui contre leurs anciens patrons, désireux de récupérer l'immeuble à leur profit. Doit au travail contre droit à la propriété, quelle légitimité l'emportera ?

A partir de ce lieu unique, le film se propose de plonger au coaur de l'autogestion et de rendre compte de l'Argentine d'aujourd'hui.



(La) photo déchirée - 2001 - France - Durée : 52 mn.

Un film de José Vieira - Production : La Huit.


Au début des années 60, des milliers de Portugais débarquent clandestinement en France. Ils fuient la misère, la guerre et la répression. livrés à des passeurs sans scrupule, ils doivent traverser la péninsule ibérique, traqués par les polices portugaises et espagnoles.

L'auteuir se souvient d'avoir entendu, lorsqu'il était enfant au bidonville, le récit de ces terribles odussées. Trente ans après, il part à la recherche des histoires de son enfance pour comprendre ce qui a provoqué cette émigration sans précédent qui fut appelée le "plébiscite par les pieds" contre Salazar.

Entre souvenirs d'enfance et investigation historique, il cherche les images de cet exode sans précédent de l'Europe d'après-guerre.




Plastic and glass - 2009 - France - Durée : 14 mn.

Un film de Tessa Joose - Production : Le Fresnoy, studio national des arts contemporains.


On pourrait dire de "Plastic and Glass" que c’est un documentaire enchanté, un drôle d’objet où le rythme produit par les sons d’une usine de tri sélectif forme peu à peu l’air d’une chanson dont le refrain entêtant et joyeux donne son titre au film. On avait jadis assisté à un phénomène semblable dans une séquence de "Dancer in the Dark" de Lars von Trier. Là, des sons hydrauliques entraînaient l’héroïne du film dans le chant et la danse. Mais ici, il ne s’agit pas de décoller d’une réalité tragique et glauque par les moyens conséquents de la comédie musicale. "Plastic and Glass" est tout en légèreté et la musique émane de l’usine elle-même, des objets mécaniques aussi bien que des gestes de ceux qui y travaillent – elle ne s’en échappe pas, elle en sourd littéralement.

Mais le caractère simple, naturel de "Plastic and Glass" n’en fait cependant pas qu’une ode sympathique aux métamorphoses à venir des objets triés, voire pire, une apologie naïve du travail à la chaîne. L’impression que laisse le film est profonde et tient à son sens du détail, à son écoute et à sa charge métaphorique. À son mi-temps, la chanson surgit et prend corps à travers les travailleurs de l’usine. Et ce qui est remarquable, c’est que chacun d’entre eux existe. De l’ensemble qu’ils forment et malgré le côté mécanique de leur tâche, se détachent des visages, des attitudes et des voix singulières.

"Plastic and Glass" nous transporte ailleurs que dans l’usine où nous sommes, nous fait voir ce qu’on ne voit pas en général, le mouvement d’un bleu de travail qui accompagne les gestes de celui qui le porte, et par les vertus du chant, même fredonné, fait affleurer à la surface d’un visage l’état d’âme de ceux qui sont à la tâche. Il y a, en effet, quelque chose de grave dans la déflation joyeuse de l’euphorie industrielle que met en œuvre le film. Les paroles de la chanson résonnent comme une promesse, au futur de l’indicatif, d’un monde où tout se recycle, postlude à la frénésie productive d’une ère révolue où le progrès se confondait avec la génération exponentielle d’objets et d’emballages.

François Bonenfant




Les pirates du vivant - 2005 - France - Durée : 55 mn.

Un film de Marie-Monique Robin - Production : Galaxie production - ARTE.


Ce film dénonce sans détour le brevetage du vivant, qui réduit la valeur des plantes et animaux à leur prix sur le marché, et nie la créativité propre à la nature et au travail des hommes. Cet excellent documentaire d'investigation présente deux exemples particulièrement révoltants.








Le repos du fakir - 2003 - France - Durée : 6 mn.

Un film de Gilles Paté et de Stéphane Argillet - Production : Canal Marches.


Le "Repos du fakir" esquisse une typologie du mobilier urbain parisien. Tous ces objets sont méticulieusement conçus pour empêcher qu'on s'y étende jamais.

L'observation des espaces de la capitale vaut pour toutes ces villes où cette conception de l'espace public se répand.

La gestion technocratique considère les corps comme des objets qui gênent la régulation des flux. Les citoyens sont infantilisés, agressés par ces dispositifs anti-ergonomiques.

L'espace est dégradant/dégradé. Aujourd'hui, l'espace public cesse d'être un espace partagé. Il incarne les violences des pouvoirs.


ARTICLE D'UN DES REALISATEURS, GILLES PATE

Typologie de mobiliers urbains parisiens

Le mobilier urbain est la partie visible d’un urbanisme hygiéniste qui modèle nos comportements dans les espaces dits publics. On ne peut plus se regrouper nulle part. On ne peut plus se reposer sur les bancs : ils glissent. Il en est de même des espaces collectifs des facultés construites après 68 : pas de rassemblement, pas de réunion ( fac de Tolbiac, paris 13ème).Cet urbanisme refoule les zonards, les sans abris, les jeunes vers des lieux moins contrôlés, hors du centre de Paris ville -monument obsédée par l’image figée, "propre" qu’elle veut donner d’elle même.

1) Piques à humains

Situés devant des devantures de banques ou de magasins de produits de luxe, ces piques en métal empêchent les passants de s’asseoir en attendant le bus : les corps obstruent la vision des marchandises exposées. On connaissait les piques à pigeons pour protéger les monuments, voilà maintenant les piques à humains ! Ceux qui osent encore s’y asseoir deviennent de véritables fakirs de l’espace public.

2) Sièges "assis - debout"

Créés par différentes agences de design pour le métro parisien, ces sièges pudiquement appelés "assis - debout" sont censés répondre aux attentes des nouveaux "nomades urbains", entendez les jeunes cadres dynamiques qui parcourent Paris avec leur ordinateurs portables. Ces sièges hauts, inconfortables pour les personnes trop petites, âgées, serviraient donc à "l’appui éphémère" dans les stations devenues des "lieux d’étape". Derrière ce discours publicitaire se cache la réalité du cahier des charges de ces bancs : empêcher la position couchée des sans abris, appelés dans le jargon de la RATP les "indésirables".

3) Sièges individuels

"On offre des sièges individuels, on reconnaît l’individu, la personne, le client" designers de la RATP

Derrière ces propos positifs se cachent des dispositifs sécuritaires : individualiser l’usager c’est aussi l’isoler des autres par des accoudoirs , par la forme en coque du siège, le séparer de son voisin en espaçant de plus en plus les sièges. Plus de réunions improvisées, plus de flirts sur les bancs publics : on s’assoit seul, et on circule.

4) décors obstructifs

Devant les entrées d’immeubles, regardez les anciennes jardinières : elles fleurissent de rochers artistiquement agencés, de galets, voire de faux cactus. Ces nouvelles décorations n’ont pas été placées là uniquement parce qu’elles sont faciles à entretenir : elles empêchent les regroupements, l’abri et la mendicité auprès des riverains.

Traiter l’effet et pas la cause

Tout le monde souffre de cet inconfort. Mais les sans abris sont les véritables victimes de cette politique absurde : pour eux, c’est la violence absolue, ajoutée à l’absence de sanitaires publics et aux difficultés d’accès aux foyers d’hébergement. Et pourtant, ce design qui cherche à les exclure est en partie inefficace : les sans abris restent dans les espaces où les touristes circulent car l’argent circule aussi. Et ils dorment quand même dans le métro quand il fait froid, mais par terre. Il faut remplacer ce design d’exclusion par un véritable travail social, une autre politique de logement des précaires, une autre conception de l’espace public.

Un urbanisme de situation

Loin du design des mobiliers urbains sur catalogues, une autre conception de l’aménagement existe : un urbanisme participatif, de situation, qui favorise le regroupement des citoyens, une conception transversale de la ville, élaborée directement avec les désirs et les savoirs faire des habitants, où l’architecture, le travail social, le paysagisme et l’art s’interpénètrent.

Gilles Paté, plasticien, novembre 2003 - Article paru dans le numéro de novembre de "EXISTENCE", le journal de l’Apeis (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité)


Site intéressant à consulter :

canal Marches



Small is beautiful - 2010 - France - Durée : 110 mn.

Un film d'Agnès Fouilleux - Production : Les Films Bonnette et Minette.


Le bon sens paysan qui faisait l'agronomie hier, a peu à peu depuis plus de cinquante ans, été remplacé par des logiques marchandes, qu'une poignée d'entreprises multinationales a réussi à imposer en prenant le pouvoir jusqu'au plus haut niveau.

Les petites fermes polyvalentes et autonomes des paysans d'hier ont laissé la place à d'mmenses "exploitations" qui portent bien leur nom...

Pourquoi, comment et au profit de qui la production agricole s'est-elle industrialisée au point de désertifier les campagnes, d'emposonner l'eau et les sols, de stériliser les paysages, de confisquer les semences et d'affamer des millions de paysans dans le monde ?

Le film d'Agnès Fouilleux nous révèle pas à pas les mécanismes et les enjeux de la mondialisation et de la financiarisation de l'agriculture, face auxquels des résistances commencent à naître.

Du paysan au chercheur, de la semence précieusement conservée au lobbyiste sans état d'âme de Bruxelles, ce tour d'horizon exhaustif suggère clairement, travaux pratiques à l'appui, que ce qui est petit, ou du moins pas trop grand est beaucoup plus "joli" pour notre avenir...

Pourtant tout ça risque d'être difficile à modifier... au moins tant qu'une minorité aura tant d'argent à gagner !




Site intéressant à consulter :

Les films info


The job (L'emploi)- 2010 - Angleterre - Durée : 3 mn.

Un film de Jonathan browning - Production : Screaming Frog productions


Ce "clip" a été acclamé par tous ceux qui l'ont vu.

Une parodie mordante sur le thème de l'immigration et du travail clandestin. Espérons que cela devienne plus vrai que nature !


Site intéressant à consulter :

Streaming Frog


(La) tôle et la peau - Dire l'usine - 2010 - France - Durée : 55 mn.

Un film de Claude Hirsch - Production : Lieux fictifs.


9 livres, 10 ouvriers, pour nous dire l'usine de l'intérieur.

Récits mêlés, images croisées pour circonscrire ce monde, le donner à saisir par touches, par tranches. Celles de la vie de ceux qui produisent, dans le bruit et la fureur, dans la précarité et la fraternité...

Des ouvriers nous disent la vie d’usine à travers des extraits de livres écrits de l’intérieur. Les textes sont interprétés face caméra. Neuf livres et dix ouvriers-interprètes qui se réapproprient un récit dans lequel ils se reconnaissent. Ces témoignages sont rythmés par des images et des sons d’usines en activité. De cette palette se dégage une vision concrète de la condition ouvrière d’aujourd’hui par ceux qui sont "dedans".


Site intéressant à consulter :

Asspolart


Vade retro spermato (L'histoire des groupes de paroles et de contraception masculine en France) - 2010 - France - Durée : 58 mn.

Un film de Philippe Lignières - Coproduction : Films du Sud et Télé bocal.


A la fin des années 70, dans plusieurs villes de France, des hommes réagissent aux questions soulevées par le féminisme sur le rôle respectif des sexes dans la société, dans la famille et dans le couple. Constitués en groupes de paroles, ils en viennent à se poser la question de la contraception masculine.

La plupart des groupes s'orientent vers une contraception hormonale. Ils mettent au point, dans un contexte de suivi scientifique et médical rigoureux, une série de méthodes qui s'avèrent opérationnelles. Ces hommes utiliseront pendant plusieurs années ces méthodes qui préfigurent celles mises en place actuellement.

A Toulouse plus particulièrement, le groupe qui se forme oroientera son travail collectif dans une direction inédite. Plutôt jeunes, entre vingt et trente cinq ans pour la plupart, ces hommes issus de tous les milieux sociaux reprennent à leur compte dans leur vie quotidienne les remises en cause profondes des comportements traditionnels, notamment dans les rapports de sexes. Nombre d'entre eux vivent en couple et se posent la question de pouvoir assumer leur contraception. Après quelques essais, ils s'intéressent à un domaine peu exploré, la contraception par la chaleur. Plusieurs d'entre eux vont au fil des ans utiliser, avec succès, la méthode qu'ils ont conçue.

Au-delà de la question de la contraception, les hommes de ces groupes, tous ceux qui ont participé à ce grand mouvement national, ont connu une expérience unique de liberté de paroles par rapport à eux-mêmes, brisant le silence spécifique de leur genre sur la sexualité, contribuant ainsi à changer fondamentalement leur rapport aux femmes et aux autres hommes.

Le silence est désormais retombé sur ces remises en question, dans une période d'appauvrissement et de nivellement idéologique sans précédent. Le film au-delà du témoignage de ces hommes qui ont participé dans toute la France à une aventure méconnue et hors du commun, fait le point sur l'état actuel d'une contraception masculine qui existe, en fait, et qui est maintenue artificiellement à l'état expérimental. Des différentes pistes dans ce domaine dégagées à l'époque aux pratiques sexuelles actuelles qui fonctionnent par injection hormonale, le film nous permet de suivre avec des andrologues l'évolution de ces pratiques depuis trente ans.



We had a dream - 2010 - France - Durée : 66 mn.

Un film de D. Raclot-Douliac.


En Angleterre au début des années 90, le Criminal Justice Bill de Margaret Thatcher interdit les rassemblements autour des musiques électroniques, les "rave party". Les aficionados les plus engagés, quittent le pays pour continuer à vivre leur passion. Parmi eux, la mythique "Spiral Tribe" commence à sillonner l’Europe. A partir de son modèle, des groupes se forment en France, République Tchèque, Italie (autres pays) et créent un nouveau moyen d’expression. La "Free Party", une fête libre, illégale, alternative, qui réunit un public marginal et libertaire.

En France, les fêtes libres sont inconnues du grand public. Quelques centaines, voire un ou deux milliers de participants profitent de ces zones d’autonomie temporaires (cf. Hakim Bey, TAZ / Zone Autonome Temporaire) importées par les travellers anglais. Dans le même temps, l’Etat français, suivant le modèle anglais, réprime les soirées techno légales, et pousse les "raveurs" à la clandestinité. Beaucoup d’entre eux viennent gonfler les rangs du tout nouveau mouvement des "Free Parties". Quelques années après l’arrivée des anglais, un collectif français fait ses premières armes. Les "Heretik" se définissent comme "ne souscrivant pas à la doctrine établie" et multiplient les "free party" («Pendant quelques années, on a multiplié les free. Musique, drogue, accidents, prison, activisme et succès rapide. A la fin des années 90, à la place du credo "pour vivre heureux vivons cachés", on décide de développer une stratégie de coup d’éclat pour revendiquer le droit à la fête libre. Des "attentats sonores", des fêtes illégales qui réunissent des milliers de personnes jusqu’au cœur de la capitale.»).

Ils sont nombreux, les personnalités sont fortes. Les premières années sont vécues avec un mode de vie proche de la mouvance punk et Do It Yourself. Les Hérétik développent une stratégie de coup d'éclat. Pour revendiquer leur droit à la fête libre, ils organisent des "attentats sonores" (notamment à la piscine Molitor, dans le 16é arrondissement). Suivis et surveillés par la police et les services de renseignements, ils écrivent des pamphlets, dénoncent la marginalisation du mouvement. Mais, en parallèle, les limites de la vie "punk" se font sentir.

Le film retrace sans tabous plus de 10 ans d’activisme de cette tribu moderne, qui mène des premières fêtes clandestines jusqu’aux temples de la société du spectacle. Les Heretik auront gravi jusqu’aux marches de l’Olympia, la mythique salle parisienne. Plongez dans l’intimité tourmentée d’un groupe phare de la contre-culture.


Site intéressant à consulter :

Hérétik
Back to the rave


48 - 2010 - Portugal - Durée : 93 mn.

Un film de Susana Sousa Dias - Production : Kintop.


48, comme les 48 ans qu'a duré la dictature de Salazar au Portugal de 1926 à 1974. Le dispositif du film est minimal, presque nu. Des visages et des voix, rien d'autre. Des photographies de prisonniers politiques prises lors de leur arrestation par la police d'Etat, la sinistre PIDE. Au dos de ces images, le témoignage des personnes photographiées, sur leur persécution, la torture, leur résistance aussi. Qu'est-ce qu'un portrait peut nous révéler d'un système politique? Qu'est-ce qu'une photo prise il y a trente-cinq nous raconte de notre présent? Au travers d'une expérience de spectateur unique en son genre, 48 vise à montrer les mécanismes sur lesquels un système dictatorial cherche à s'auto-perpétuer.


Un lien vers le site du cinéma du réel, avec un extrait vidéo (sous-titré en anglais) :

Cinéma du réel :

Photos :

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