Troisième festival du documentaire politique et social en Creuse

Présenté par : Autour du 1er mai - Creuse Citron - Emile a une vache - Mémoire à vif - Peuple et Culture 19 - La loutre par les cornes.

Le vendredi 11 juin 2010 : à l'Atelier (Royère de Vassivière) à partir de 21h30.

Le samedi 12 juin 2010 : au Villard de 10h à 24h.

Intervenants :


Bernard Langlois :

Il interviendra pour son film (coréalisé avec Mehdi Lallaoui) « Les massacres de Sétif ».

Bernard Langlois est un journaliste "altermondialiste". Spécialiste des rapports Nord/Sud, Bernard Langlois est membre fondateur de l'association ATTAC.

En 1981, il devient présentateur du JT de Antenne-2-midi (A2), jusqu'au 14 septembre 1982, où il est licencié pour avoir qualifié le décès de Grace de Monaco d'"histoire de royaume d'opérette sur un caillou cossu" moins important que l'assassinat, survenu le même jour, du président libanais Bashir Gemayel.

Il est ensuite producteur et animateur de l'émission Résistances (A2) (de 1983 à 1986).

Il est le fondateur, en 1988, de l'hebdomadaire Politis dont il est directeur de publication jusqu'en 1999. Il y tient un 'Bloc-notes' jusqu'à la fin janvier 2010. En février 2010, il ouvre son blog sur le site Internet de Politis.


Naïma Bouferkas et Nicolas Potin :

Ils interviendront pour leur film « Il s'agit de ne pas se rendre ».


Jean Henri Meunier :

Il interviendra pour son film « Rien à perdre (Nothing to lose) ».

Jean-Henri Meunier est un réalisateur français spécialisé dans les documentaires. En 2006, il met en scène "Ici Najac à vous la terre", où quelques habitants d’un petit village aveyronnais résistent avec bon sens citoyen, humour et poésie, au rouleau compresseur de la mondialisation. Najac est d'ailleurs le village où le cinéaste vit actuellement. En 2010, il filme des SDF ; cela donnera "Rien à perdre", sorte de nouveau documentaire humaniste.

Site à consulter :

Jean-Henri Meunier

Stéphane Valentin :

Il interviendra pour son film « Génocidé ». Il pourra participer aussi au débat qui suivra le film « Bilin my love ».

Stéphane Valentin est réalisateur. Il vit et travaille, en particulier, dans la région de Toulouse. Il a réalisé des fictions, mais aussi nombre de documentaires.

Parmi ses réalisations, on trouve : "BABEL NOW" (2010) - en cours de tournage, coréalisation: Julien Douerin, "BODEGA, BUF DE VIDA " (2009) - idée et film de Sophie Jacques. Réalisation uniquement , "TERRE DE SUMUD" (2009), "GENOCIDE" (2008), "IMAGENAIRE" (2008) - coréalisation Amic Bedel,...

Site à consulter :

Stéphane Valentin

Henri Traforetti :

Il interviendra pour les films du groupe Medvedkine auxquels il a participé.

Henri Traforetti est l'un des ouvriers (de Rhodiacéta de Besançon) devenus militants, à qui le cinéma a permis de faire parler d'eux, de témoigner de leur condition, de crier leur révolte.


Article de présentation de Pierre-Henri Lab (L'Humanité du 30 novembre 2002 :

" Ici finit la liberté ", a peint, en gros caractères, une main révoltée sur le mur d’enceinte de l’usine de la Rhodiacéta de Besançon. Nous sommes au mois de mars 1967. Depuis le 25 février, l’immense agglomérat de bâtiments qui se niche au pied de la citadelle fortifiée par Vauban et du fort de Bregille est en effervescence. Les 3 000 salariés, ouvriers spécialisés pour la plupart, ont cessé de produire des kilomètres de Nylon, pour se lancer dans l’occupation de leur usine. En tentant d’imposer aux ouvriers de prendre leurs congés payés pour palier une période de chômage, la direction de l’établissement a déclenché, à son insu, ce que l’on nommera plus tard " la grande grève de la Rhodia ". L’occasion est trop belle. La révolte sourde, larvée va prendre corps. L’espace d’un mois elle va modifier la réalité. Si ici finissait la liberté, ici elle va renaître sur la pellicule.

Ils sont là, Georges Binetruy, Henri Traforetti, Georges Maurivard et d’autres, comme Claude Zedet et Georges Lièvremont. Ils ont entre vingt-cinq et trente ans comme, nombre de leurs camarades de labeur. Ils sont de la même équipe, travaillent en " quatre x huit ". Leur quotidien, c’est celui des tâches répétées à n’en plus finir, c’est aussi, explique Georges Maurivard, trente-cinq ans plus tard, " la chaleur, le bruit, surtout le bruit ". Leur quotidien, poursuit-il, c’est encore celui " d’une société corsetée, rigide ", où il est difficile par exemple " d’aimer les filles ". " Une société où la place de chacun est immuable ", renchérit Henri Traforetti. Une réalité insupportable pour " cette bande de copains ", mais en rien une fatalité. Car, avec cette grève, expliquent-ils aujourd’hui, ils vont pouvoir " donner libre court à leurs envies ".

En ce printemps 1967, les trois compères ne sont plus des jeunots. Il y a déjà plusieurs années qu’ils ont franchi pour la première fois les grilles de l’usine. Embauché en 1962, syndiqué à la CFTC, catholicisme oblige, Georges Maurivard a rejoint en 1964 la jeune CFDT. Henri Traforetti et Georges Binetruy, anciens engagés de l’armée française, étirent le fil de Nylon depuis 1964. Georges Binetruy, militant cégétiste, est passé par Peugeot Sochaux avant de rejoindre ses futurs complices.

Le syndicalisme va donner corps aux premiers élans de leur révolte, l’engagement au Parti communiste, un peu plus tard, y contribuera également. Du syndicalisme, Henri Traforetti retient tout autant que la contestation de leur condition, de la hiérarchie autoritaire de l’usine, l’outil d’une des premières affirmations de soi. La prise de parole devant ses collègues OS, la quasi rituelle " montée sur le tonneau " apparaît comme le moment où l’individu ne laisse plus aux autres le soin d’exprimer ses opinions. De la rencontre avec le Parti communiste, Georges Maurivard se souvient de la cellule de l’université, de " ces intellectuels avec lesquels on pouvait discuter ".

Mais, parmi toutes ces rencontres, une va particulièrement les marquer. Parmi les ouvriers côtoyés quotidiennement, il y a Pol Cèbe, qui s’occupe de la bibliothèque à l’usine. À son contact, ils vont découvrir les livres, la culture. Satisfaire leur soif d’apprendre. " Apprendre pour savoir, pour exister ", souligne Henri Traforetti. Exister à part entière, acquérir une identité, ne plus être résumé à sa condition d’OS. Un cheminement individuel qui va se doubler d’une aventure collective. Pol Cèbe n’est pas un simple bibliothécaire. C’est aussi un agitateur culturel. Militant au Centre culturel populaire de Palente Orchamps, il va entraîner ses collègues dans une folle aventure. " Des descentes à la bibliothèque de la Rhodia à quatre heures du matin " à l’organisation du déplacement de huit cents ouvriers de l’usine pour assister à la pièce 1789 du jeune théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, ils seront de tous les coups.

Aussi, quand en ce mois de mars 1967, alerté par René Berchoux, président du CCPPO, Chris Marker débarque à Besançon, il va découvrir une usine investie par ces militants du centre culturel. Le cinéaste n’est pas venu seul. Bruno Muel, Mario Marret et Antoine Bonfanti l’accompagnent. Ensemble, ils vont tourner les premières images, enregistrer les premiers témoignages. Ceux-ci constitueront la base de À bientôt j’espère. De leur côté, Georges Maurivard, Henri Traforetti, Georges Binetruy et leurs camarades du CCPPO ont compris l’intérêt qu’ils pouvaient tirer de cette rencontre. " Au début, on était un peu méfiant ", concède Georges Binetruy. Mais, à l’époque, l’omerta médiatique étouffe la classe ouvrière. " Les journaux ne parlaient jamais de nous ", poursuit-il. Le cinéma sera donc l’occasion de faire parler d’eux. De témoigner de leur condition, de leurs luttes. De crier leur révolte. Aussi, quand Chris Marker, réagissant aux critiques des ouvriers de la Rhodia, lors de la première projection publique de À bientôt j’espère, leur répondra :" La représentation et l’expression du cinéma de la classe ouvrière seront son ouvre elle-même ", les militants de la Rhodia ne se feront pas prier.

Très vite, les choses s’organisent. Le CCPPO achète une table de montage, tandis que les professionnels du cinéma, rejoints par d’autres de la photo, initient les volontaires. Se souvenant de ces premiers reportages, Georges Binetruy jubile, " le plaisir de toucher un appareil, de se familiariser avec la technique ". " C’est Jean-Luc Godard qui nous a donné notre première caméra ", explique-t-il, avant de se remémorer l’effervescence qui entoure le groupe. Ils voient du monde, " les Rhodia ". Godard, Costa-Gavras, William Klein, Alain Resnais. Pol Cèbe rencontrera même, plus tard en 1971, celui dont ils ont pris le nom au début de l’année 1968, Alexandre Medevedkine. L’ouvrier bisontin dira de lui " ce grand inconnu des encyclopédies du cinéma ".

Mais, pour l’heure, les militants du groupe Medvedkine de Besançon vont s’attacher à filmer, comme le souligne le commentaire de À bientôt j’espère, " comment le déséquilibre lié aux conditions de travail se traduit par un déséquilibre de toute la vie, que nulle augmentation de salaire ne suffirait à compenser ". Il s’agit " de remettre en cause cette société, cette civilisation " qui le produit.

Épaulée par Bruno Muel, dirigée par Pol Cèbe, renforcée par Jean-Pierre Thiebaud, l’équipe des Rhodia va tourner Classe de lutte, ou l’itinéraire et l’apprentissage militant de Suzanne Zedet, une jeune ouvrière de l’usine Yema de Besançon. Georges Binetruy et Henri Traforetti tiendront la caméra. Dans la foulée, les " medvedkiniens " tourneront la Rhodia 4 x 8. " L’ancêtre du clip ", affirme avec malice Georges Binetruy, qui décrit ce film de quelques minutes, illustré par une chanson de Collette Magny. Suivront trois épisodes de la série Image de la nouvelle société.

L’aventure cinématographique de ces jeunes militants s’éteindra doucement en 1971. Le départ de Pol Cèbe, véritable pivot du groupe, de la Rhodia en 1969 va déplacer le centre de gravité du cinéma ouvrier franc-comtois vers Sochaux, où il travaille dorénavant. Henri Traforetti et Georges Maurivard, absorbés par leurs responsabilités respectives à la CGT ou au PCF, vont petit à petit s’en éloigner.

Dans la cour de l’usine, fermée depuis 1982, Georges Maurivard, contemplant ce qui est devenu une friche industrielle, sourit à l’évocation de ces souvenirs. " Ici finit la liberté ", proclamait le graffiti de 1967, ici ils y ont définitivement pris goût.


Des personnes ayant participé aux luttes "anti-CPE" en 2006 seront présentes au débat qui suivra le film « Il s'agit de ne pas se rendre ».


Des personnes ayant connu l'incarcération (pour des raisons politiques ou de "droit commun") participeront au débat qui suivra le film « De jour comme de nuit ».


Des personnes luttant pour le maintien des services publiques - hôpital de Guéret... - (dans les comités de défense ou autres) participeront au débat qui suivra le film « Bombarde et lacrymo ».



Simona Morini et Alain Brühl :

Pour le spectacle théâtral « Pourquoi j'ai cambriolé » d'après la déclaration d'Alexandre Marius Jacob à son procès le 8 mars 1905.

Marius Jacob était un anarchiste qui pratiquait le cambriolage des riches demeures et la redistribution comme moyen de lutte sociale.

Il inspira Maurice Leblanc pour créer le personnage d'Arsène Lupin.

C'est un spectacle théâtral agrémenté d'extraits de journaux, de chansons et de musique d'époque.

Le public et les acteurs seront dans la salle d'audience, ils voyageront ensemble dans ce mois de mars 1905...

Plaquette de présentation :

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