Deuxième festival du documentaire politique et social en Creuse

Présenté par : Autour du 1er mai - Creuse Citron - Emile a une vache - Mémoire à vif - Peuple et Culture 19 - La loutre par les cornes.

Le vendredi 13 juin 2008 : à l'Atelier (Royère de Vassivière) à 21h30.

Le samedi 14 juin 2008 : au Villard de 10h à 24h.

Putain d'usine – 2007 – Durée : 52 mn.

Un film de Rémy Ricordeau et Alain Pitten.

Produit par Zarafa films et France 3 Normandie.


En 2002, les éditions L’Insomniaque sortaient un petit livre détonant, Putain d'usine . Depuis, le livre, réédité aux éditions Agone, a été plusieurs fois adapté au théâtre. En collaboration avec l’auteur, Jean-Pierre Levaray, Putain d'usine a servi de fil à Rémy Ricordeau et à Alain Pitten pour ce documentaire de 52 minutes.

«Tous les jours pareils. J’arrive au boulot (même pas le travail, le boulot) et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons - et des collègues que, certains jours, on n’a pas envie de retrouver. (…) On fait avec, mais on ne s’habitue pas. Je dis « on » et pas « je » parce que je ne suis pas seul à avoir cet état d’esprit : on en est tous là. On en arrive à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu’elle délocalise, qu’elle restructure, qu’elle augmente sa productivité, qu’elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu’il n’y ait plus ce travail, qu’on soit libres. Libres, mais avec d’autres soucis. On sait que ça va arriver, on s’y attend. Comme pour le textile, les fonderies… un jour, l’industrie chimique lourde n’aura plus droit de cité en Europe. Personne ne parle de ce malaise qui touche les ouvriers qui ont dépassé la quarantaine et qui ne sont plus motivés par un travail trop longtemps fait, trop longtemps subi. Qu’il a fallu garder parce qu’il y avait la crise, le chômage, et qu’il fallait se satisfaire d’avoir ce fameux emploi, garantie pour pouvoir continuer à consommer à défaut de vivre. Personne n’en parle. Pas porteur. Les syndicats le cachent, les patrons en profitent, les sociologues d’entreprise ne s’y intéressent pas : les prolos ne sont pas vendeurs... »

Ces lignes ouvrent Putain d'usine . C’est du vécu pur jus. Jean-Pierre Levaray travaille depuis 1973 dans l’usine Grande Paroisse de Grand-Quevilly, près de Rouen. Une usine du groupe AZF, cousine de celle qui a explosé à Toulouse. Jean-Pierre mettait d’ailleurs un point final à Putain d'usine quand le drame arriva. Ce qui donna lieu à une suite nommée Après la catastrophe , également rééditée, avec l’inédit Plan social chez Agone.

Au fil de ses livres, Levaray donne de la voix aux sans-voix, à ses collègues ouvriers. Levaray ne joue pas au journaliste ou au sociologue. C’est juste un précieux témoin qui, en plus, ce qui ne gâche rien, a un réel talent littéraire.

Avec lui, on plonge dans la morne réalité des travailleurs postés, ceux qui travaillent en 3x8 pour faire tourner des boîtes pourries où l’on perd sa vie à la gagner. La vétusté et la dangerosité des installations, les coups de blues, l’ennui, le stress, la mort, les chefs, le capitalisme, les combines et la bibine… tout est passé au scanner de ce militant CGT par ailleurs anarchiste. En refermant Putain d'usine , une petite voix intérieure hurle « A bas le salariat ! ». Et la rage nous fait serrer les poings.

Le film permet à Jean-Pierre Levaray de revenir sur des moments, heureux ou non, partagés avec ses amis. Périodes de lutte, instants volés, réflexions sur la finalité d’une vie de labeur. Au service de qui ? Au service de quoi ? La vraie vie n’est-elle pas ailleurs ? Et si la Classe fantôme selon le titre d’un livre de Levaray, allait hanter pour de bon les nuits des exploiteurs qui pourrissent nos vies…

Manille – 2008 – durée : 53 mn.

Un film de Véro Pondaven.

Coproduit par MYRIA prod. et France 3 Ouest.


Immersion dans une forge, dans une entreprise familiale installée sur le port de pêche de Lorient depuis presque cent ans. Sa spécialité : la fabrication de manilles. Nous allons suivre la fabrication de l'une d'entre elles, l'une des plus grosses forgée au monde.

C'est le fil conducteur du film. Dans ce cadre incandescent, les ouvriers s'expriment : pénibilité du travail, salaire médiocre, individualisme... Un regard lucide d'un monde ouvrier aujourd'hui. Une parole mêlée de fierté et de résignation.


A lire :

Interview de Vero Pondaven dans CQFD (Nov 2008)


Frères de classe – 2004 – Durée : 52 mn.

Un film de Christophe Cordier.

Coproduit par Yumi Productions, Les films du moment, les films d'ici et TV 10 Angers


La Bretagne, Saint-Brieuc, Mars 1972. Une grêve avec occupation éclate aux usines du Joint français. Le 6 avril, l'affrontement avec les forces de l'ordre est imminent. De cette lutte, un moment unique va être immortalisé par une photo. Un manifestant et un C.R.S, face à face. L'ouvrier est en rage, le visage déformé par la colère. Il tient le C.R.S par la vareuse... Deux hommes prêts au corps à corps...

Mais l'image ne dit pas tout...


Photos

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En finir avec la guerre – 2008 – Durée : 52 mn.

Un film de Mehdi Lallaoui.

Produit par Mémoires Vives Productions.


Près d'un demi-siècle après la guerre d'Algérie (1954-1962), des anciens appelés témoignent. Les membres de «l'Association des Anciens Appelés en Algérie contre la Guerre», ont choisi eux, de reverser leurs pensions d'anciens combattants pour favoriser la solidarité et la fraternité entre les peuples. Leur présidente d'honneur, Simone de Bollardière est la femme du Général Jacques de Bollardière, démis de ses fonctions en 1957 pour avoir dénoncé la torture en Algérie.






Alexandre Marius Jacob (Pourquoi j'ai cambriolé, une figure de la reprise individuelle) – 2005 – Durée : 26 mn.

Un film de Thomas Turner et Laurent Termignon.

Produit par Soremo production.


Deux ans ! Deux longues années à se fracasser l’espoir sur la frilosité éditoriale. Pourtant y avait de quoi faire et se réjouir avec le docu « Pourquoi j’ai cambriolé ? » de Laurent Termignon et Thomas Turner. Y avait de quoi être ravi, enchanté, aux anges. Etre édifié sur l’illégalisme et la vie de l’honnête cambrioleur. Sans s’emmerder pendant 26 minutes. Pas de ton monocorde, une musique qui suit la trame, des propos synthétiques et clairs. De l’action, de la sueur, du sang et des larmes.






A consulter

Alexandre Marius Jacob
Bande dessinée sur A.M Jacob

Livres à lire


Alexandre Jacob, l'honnête cambrioleur (Portrait d'un anarchiste - 1879/1954) de Jean-Marc Delpech.

aux éditions de "L'atelier de création libertaire" (Mai 2008).


Quatrième de couverture :

"Honnête ? «Qui est conforme ou qui se conforme aux règles de la morale, la probité, de la loyauté» nous dit Le Petit Larousse. Mais de quelle morale peut-il s'agir dans une société régie par le capitalisme triomphant et soutenue par le principe de la lutte des classes ? «Qui ne vole pas, ne fait ni escroquerie, ni détournement» ajoute le petit Robert. Hypocrite et légale ambiguïté qui transforme l'honnête homme en mouton social, en bon citoyen. Ce à quoi le non citoyen Jacob Alexandre Marius (1879-1954), ex matricule 34777, peut répondre en 1932 : «Il y a une erreur, disons le mot, un mensonge capital. Celui-ci : la délinquance est l'exception, l'honnêteté la règle.» Loin, très loin des clichés de l'extraordinaire aventurier, l'histoire de l'honnête Travailleur de la nuit, du «cas témoin de l'illégalisme» (selon l'expression de l'historien Jean Maitron) s'inscrit de toute évidence dans le cadre d'une guerre sociale pensée et menée au nom de l'idéal anarchiste à la fin du XIXe siècle, une époque que d'aucuns à fortiori ont osé qualifier de Belle. L'histoire de Jacob finit par éclairer celle de tout un mouvement. Et l'irrévérencieux cambrioleur, qui porte haut le verbe libertaire, est appelé à payer très cher ses atteintes à la divine et bourgeoise propriété. Mais le bagne et ses iniquités ne peuvent briser un être probe, loyal et moral... un honnête homme."


Ecrits de Alexandre Marius Jacob.

aux éditions de "L'Insomniaque" (Janvier 2004).


Quatrième de couverture :

"Dans ce recueil d'écrits du cambrioleur anarchiste Jacob, on trouvera le récit détaillé qu'il rédigea de son arrestation et les déclarations, combatives et pleines d'esprit, qu'il fit à ses juges.

On y lira, comme un roman épistolaire, ses lettres expédiées des bagnes de Guyane, puis les courriers qu'il adressa à ses amis après avoir survécu à l'enfer carcéral.

Etonnante littérature où se dessine le portrait d'un irréductible qui, malgré un quart de siècle d'emprisonnement, n'a jamais cessé de s'opposer à toutes les formes de pouvoir. Et sa pensée critique, ses rêves subversifs restent plus que jamais actuels - propres à d'urgentes applications dans un monde où l'aliénation marchande entend triompher de toute dignité, de toute générosité."

(Un CD de chansons est joint à cette nouvelle édition, augmentée de lettres inédites et d'annexes qui éclairent tant le personnage que le contexte historique de son existence singulière.)


Los vigilantes – 2008 – Durée : 25 mn.

Un film de Christophe Cordier.

Coproduit par Sonosapiens et yumi Productions.


Sur la place zocalo de Mexico, dans les montagnes du sud-est du Chiapas, des insurgés d'Atenco à ceux d'Oaxaca... La lutte continue.

Les zapatistes ont ouvert une fenêtre sur un des mondes possibles. Ils sont les "vigilants" de cette résistance. Un paysan, dans un geste symbolique, se travestit en femme sur scène, des jeunes lèvent le poing, et la voix face à l'armée, le sous-commandant Marcos choisit un conte en guise de discours lors d'une rencontre internationale...

Un triptyque poético-politique percutant pour entrer au coeur d'un mouvement qui tente de réinventer un monde.


Photos

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Charbons ardents – 1996 – Durée : 90 mn.

Un film de Jean-Michel Carré.

Coproduit par ARTE France et les films Grain de sable.


Sous l'impulsion de leurs dirigeants syndicaux, les mineurs de Tower Colliery, au pays de Galles, ont racheté leur mine en 1994. Ils sont désormais actionnaires, employés et dirigeants de leur propre entreprise, organisée en coopérative.

Épuisés par une lutte acharnée contre le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher, les mineurs de Tower Colliery, propriété nationale de la British Coal au Pays de Galles, votent, comme beaucoup d'autres, la fermeture de leur mine en 1994. Après avoir investi leurs indemnités de licenciement dans le rachat de la mine, ils ont depuis quatre ans organisé une "démocratie" compatible avec les exigences de rentabilité économique.

Les bénéfices ont augmenté, les salaires également, et les conditions de sécurité ont été améliorées. Mais chacun envisage la disparition des gisements à plus ou moins long terme, et il s'agit aujourd'hui d'innover pour les années et les générations à venir.

Une reconversion touristique permettrait de préserver des emplois précieux dans la région et de transmettre le souvenir de la mine aux générations futures. Comme toutes les décisions sont soumises au vote, il faut convaincre les mineurs de soutenir le projet...


Photos

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Les dockers de Liverpool (The flickering flame / A story of contemporary morality) - 1997 - durée : 50 mn.

Un film de Kenneth Loach.

Coproduit par Parallax pictures, Audiovisuel multimedia international production, Arte France et British broadcasting corporation.


Ken Loach (Kes , Raining Stones , Land and freedom ) revient au documentaire pour soutenir la lutte des 500 dockers de Liverpool licenciés après avoir refusé de franchir un piquet de grève. Un documentaire militant, mais aussi un film d'auteur, où le style de Ken Loach trouve naturellement sa place, au plus près de l'humain.

Pour Ken Loach, cinéaste militant, la cause est entendue. La situation des dockers de Liverpool est emblématique des politiques néolibérales de précarisation du travail et de casse antisyndicale menées depuis Margaret Thatcher.

A l'origine de l'affaire, 500 dockers, par solidarité, refusent de franchir un piquet de grève. Très vite, la Mersey Docks and Harbour Company profite de l'aubaine, licencie les récalcitrants et propose de nouvelles conditions d'embauche : £4 de l'heure quelle que soit la difficulté du travail, contrats à la tâche, sans indemnisation des périodes de chômage technique, pas de congés payés, pas d'assurance maladie, pas de retraite : c'est la négation des acquis des luttes sociales du 20e siècle et le retour au travail précaire, quand les dockers étaient recrutés au jour le jour, à la tête du client.

Mais Les dockers de Liverpool n'est pas seulement un film politique. Dès les premières images, la caméra de Ken Loach trouve la bonne distance pour filmer les conséquences humaine de la lutte. Plus d'un an sans salaire, vivant de leurs économies et de la solidarité internationale, le combat des dockers est une course de fond, menée autant par les femmes que par leurs maris, loin de l'imagerie ouvrière classique.

Le coût de la lutte est élevé mais l'enjeu en est essentiel. Le sous-titre anglais du film, a story of contemporary morality en pose les termes : au delà de leurs conditions de travail, c'est leur métier, leur ville, leur culture, en un mot leur dignité que défendent les dockers.


"Ce n'était pas seulement un boulot, ça a toujours signifié davantage. Être docker, c'était un style de vie. C'était le plus beau jeu du monde." (un ancien docker).


Photos et article

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L'affaire Clearstream... racontée à un ouvrier de Daewoo – 2003 – durée : 75mn.

Un film de Denis Robert et Pascal Lorent.

Produit par The Factory et Contrechamp.


Le capitalisme financier se sert d’outils comme Clearstream pour fermer des usines et le Luxembourg, état européen qui abrite Clearstream depuis 1971, ferme les yeux sur ces pratiques, les encourage même... Cette structure, gare de triage du capitalisme mondial, n’est-elle pas la plus grosse lessiveuse à argent sale de l’histoire ? Les ouvriers licenciés de chez Daewoo sont-ils les victimes indirectes de ce capitalisme financier qui a perdu l’homme de vue ?


DESCRIPTIF DU FILM :


Clearstream est l’une des plus grandes sociétés de clearing d’Europe (le clearing, c’est le règlement des achats et des ventes de titres sans déplacement d’argent, au moyen de virements électroniques). Elle gère des flux financiers qu’elle transforme en valeurs pour le compte de banques et de sociétés, soit 9 trillions d’euros par an (ce qui équivaut à un chiffre suivi de 12 zéros) provenant des places financières de 107 pays. Les titres échangés restent dans ses coffres-forts. Les propriétaires changent au gré des opérations de compensation. Clearstream dit n’avoir parmi ses 3000 clients que des banques renommées et surtout pas de sociétés occultes. Mais, selon Ernest Backes, principal témoin cité par Denis Robert, des centaines de multinationales (dont Daewoo) et de sociétés offshore louches profiteraient du système. Clearstream est indispensable au bon fonctionnement de la finance mondiale.


EXTRAITS DE LA NOTE D’INTENTION DES RÉALISATEURS POUR CANAL + :


Notre seul souci reste d’informer le plus grand nombre. D’où l’idée d’adresser ce film à un ouvrier de chez Daewoo, victime hypothétique du système...

En gros, “les gens” ont le sentiment que ces histoires, évoquant les paradis fiscaux, le trafic de drogue, ou les “mafias” sont lointaines et ne les concernent pas directement. Le film a l’ambition de montrer (“aux gens”, et parmi ces gens à un ouvrier de chez Daewoo) qu’ils se trompent… Ces “affaires” ont une influence sur l’économie de leur pays. Nous avons essayé de définir où, comment, et pourquoi. Nous avons voulu démontrer cela méthodiquement, presque scientifiquement.

Nous avons, incrédules, assisté à la mise en faillite d’un pays (l’Argentine), et au plus grand scandale financier des cinquante dernières années (l’affaire Enron). Dans les deux cas, Clearstream et ses actionnaires ne sont pas très loin. Nous expliquons en quoi. Notre projet ne chutera pas sur un seul constat d’échec, ou sur la révélation d’un scandale de plus. Un des messages du film est : « Nous avons trop laissé le soin aux banquiers de se contrôler eux-mêmes. Nous verrons que des solutions existent. L’une de ces solutions consisterait à contrôler beaucoup mieux ces chambres de compensation, et ainsi les transactions financières internationales, et à s’en servir aussi comme d’outils de prévention... »

(Denis Robert et Pascal Lorent - 9 mars 2002)


Pour prolonger le film :


Paradis fiscaux et judiciaires
Blog de Denis Robert
Blog du comité de soutien de Denis Robert

L'initiation - 2008 - Durée : 63mn.

Un film de François-Xavier Drouet et Boris Carré.

Produit par Superlux films


Dans un hôtel au décor surchargé de la région parisienne, les élèves d'une classe préparatoire se préparent à l'épreuve décisive des concours d'entrée en école de commerce : "l'entretien de personnalité". Ces trois jours d'entraînement intensif sont moins un enseignement qu'une mise en condition qui tient autant des aboiements de l'adjudant que de la méthode Coué. Les élèves vont apprendre à se mettre en scène et à adapter leur discours aux attentes du jury, alternant cours magistraux et simulations d'entretiens. L'initiative ici se transforme en son contraire : la transmission est on ne peut plus à ras de terre d'un dogme (l'appât du gain) et d'un passage en règle sous les fourches caudines ("Si vous voulez vendre, commencez par vous vendre vous-mêmùes !").

Si les professeurs exigent de chacun qu'il s'affirme avec force, ce n'est qu'afin de mieux rentrer dans le moule. Pour les formateurs, ce séminaire représente bien plus qu'un entraînement à un examen : c'est une préparation "à la réalité de la vie". Le "battant" de demain apprend ici à se déposséder de lui-même pour mieux répondre au profil de l'entreprise, à mépriser en lui tout ce qui n'est pas susceptible d'intéresser son patron demain. Tout discours managérial contient sa propre critique : à force d'être trop confiant, il finit par tomber le masque. (Yann Lardeau)

Le silence des nanos - 2005/2007 - Durée : 75 mn.

Un film (cyberdocumentaire) de Julien Colin.

Produit par A Bout de Champ.


L’action se déroule sur l’écran d’un ordinateur connecté au réseau. Une navigation dans le cyberespace permet de découvrir ce que recouvrent les nanotechnologies en terme de programme.

De lien en lien, de site en site, de téléchargement en téléchargement, le film révèle l’histoire de ces technologies émergentes, les visions et les rêves dont elles procèdent ou qu’elles génèrent. Les questions, qui ne sont pas nouvelles : notre rapport à la technologie, au développement, au progrès ; mais qui, devant la révolution technologique annoncée, s’imposent avec acuité.

Il ne s’agît donc pas d’un documentaire scientifique et technique, qui soit l’illustration voire la vulgarisation des recherches en cours. Mais il s’agît d’un film réflexif sur les technologies émergentes, d’une mise en questionnement critique et néanmoins rationnelle de l’activité scientifique et du développement technologique d’un point de vue anthropologique, philosophique et politique.

“La science ne pense pas”, écrivait Heidegger. Il ajoutait que la philosophie ne pense pas non plus. « Pas encore ». Cependant la science rêve ; et c’est bien ce dont il est ici question.


L'expression "cyberdocumentaire" a été forgée en s'inspirant du terme "cybercriminalité". L'action se déroule sur l'écran d'un ordinateur connecté au réseau dans l'unité spatio-temporelle d'une session sur la toile (film session).

Dès son écriture, ce cyberdocumentaire a été destiné, dans un apparent paradoxe, à l'écran de cinéma. Manière de briser le cercle, la clôture opérationnelle, la machine cybernétique à partir de laquelle le film se construit et qu'il veut questionner ; en le transposant du web au cinéma (quand beaucoup de films prennent, malgrè eux, le chemin inverse) ; en assumant, avec malice, l'esthétique de ces archives de la toile du réseau magnifiées sur la toile de l'écran de cinéma, en mosïques hyperpixellisées et hypersignifiantes. Pour favoriser l'occasion unique que crée la projection publique, collective, du film.

Visionné sur l'écran d'un ordinateur comme c'est le cas le plus courant aujourd'hui, le film se retrouve dans son élément et cela peut occasionner, pour le spectateur, des situations insolites.


A consulter

Site web

L'an prochain...la révolution – 2008 – Durée : 62 mn.

Un film de Frédéric Golbronn.

Coproduit par Cauri Films et Télé Bocal


L'an prochain... la révolution , c’est le cri d’espérance des prolétaires du Yiddishland de la première moitié du 20ème siècle, un rêve qui s’achève pour les parents de Maurice Rajsfus dans le cauchemar des camps d’extermination. Comment se construire sur ce néant ? Pour Maurice, la réponse fut l’écriture et l’engagement politique, la fidélité aux idéaux de ses parents. Comme en écho, l’histoire de Maurice interroge celle du réalisateur. Ils ont les mêmes origines et, avec l’écart d’une génération, ils ont habité les mêmes lieux et partagé les mêmes engagements. Mais à la différence de Maurice, le réalisateur ne sait rien ou presque de sa propre histoire familiale.

L'an prochain... la révolution : un titre évocateur qui fera resurgir des souvenirs aux plus âgés et inspirera des envies aux plus jeunes.

Pour F. Goldbronn ce titre restera ancré dans sa mémoire. Il découvrit le livre de Maurice Rajsfus durant son adolescence, période charnière où cet orphelin de père se cherchait une identité. Sa carrière lancée, il décide de rencontrer l’écrivain et de se mettre en scène à ses côtés.

Dans ce documentaire biographique, la caméra suit leur dialogue. D’un côté un auteur juif resté enfant, marqué par la disparition de ses parents dans les camps en 1942. De l’autre, un réalisateur au passé flou qui revient sur son histoire commune avec M . Rasjfus. Il se rend sur la tombe de sa mère à la recherche de réponses.

Goldbronn questionne, Rajsfus se souvient. Entre confidences et anecdotes, les langues se délient. Une promenade commune, le long des quais d’Aubervilliers, qui les mènent dans une école et dans l’appartement des parents de Rasjfus. Les chemins de leurs vies s’entrecroisent entre recherches et souvenirs. L’ émotion y est intense ; les mots aussi rudes que véridiques.

Véritable description de la vie d’un homme, représentation du calvaire de toute une communauté endolorie. La lumière du présent et les voix nostalgiques des hommes éclairent ces « faits barbares ».

Un puissant long métrage mêlant force d’esprit, humanité, émotion et humour (« Nous allions manger du jambon devant la synagogue ! »). Les mots ne suffisent parfois plus, tout est dans le regard ...(Lie et Justine)


Maurice Rajsfus

Le mur des oubliés – 2007 – Durée : 70 mn.

Un film de Joseph Gordillo.

Coproduit par France 3 Lorraine Champagne Ardenne, Le Républicain lorrain et La Bascule.


"Un jour, grand-père, tu auras une tombe. Tout commence par cette promesse, ce serment posthume que j'ai fait à mon grand père, mort en luttant contre la dictature de Franco."

Soixante-dix ans après la révolution espagnole (1936-1939), les corps des Républicains fusillés gisent toujours dans des charniers sans épitaphe, sans identité.

Joseph Gordillo, le réalisateur part sur les traces de son grand-père, dans un village d'Andalousie où se transmet le silence de génération en génération.

Dans un huis clos étouffant, les langues vont se délier peu à peu. Et ce qui avait débuté comme une quête personnelle devient une enquête collective.

Autour de Joseph et de son père, les descendants se rassemblent pour réclamer l'exhumation des corps et la réhabilitation de la mémoire des disparus.

Les anciens parlent de la dictature, de la terrible répression, des exécutions sommaires.

Les jeunes s'interrogent sur l'absence de monument aux morts...

De vieux fantômes hantent encore les esprits et une partie du village va persister dans le silence, le tabou et le déni.

Après trente ans de démocratie, les fosses communes vont-elles s'ouvrir ? Les descendants pourront-ils commencer à faire leur travail de deuil ? L'Espagne va-t-elle enfin regarder son histoire en face ?


A consulter :

Site du "Mur des oubliés"
Article 1 (Internet)
Article 2 (Internet)
Article 3 (Libération)
Article 4 (L'Echo du Centre)

Entretiens à propos de l'affaire de Tarnac et de l'antiterrorisme - 2008 - Durée : 45 mn (3 x 15 mn).

Réalisation collective.


Du contre-terrorisme comme mode de gouvernement.


L'inculpation de "terrorisme" a récemment visé des militants politiques, associés par les médias à une soit-disant mouvance "anarcho-autonome" ou "ultra-gauche". L'affaire dite de Tarnac a été l'épisode le plus médiatisé de cette sémantique -très concrète- de la répression.

Quelles significations donner à ces événements ? Quels sont les dispositifs légaux qui soutiennent ces inculpations ? Qu'est-ce que cela nous apprend sur la manière dont le pouvoir entend nous gouverner ? Quelles conséquences pour nos libertés ?

Faut-il en tirer des leçons concernant les modes de résistance à venir, et si oui, lesquelles ?


Extraits d'entretien avec Laurent Bonelli :

maître de conférences en science politique à l'Université Paris X - Nanterre

Le 15 décembre 2008








Extraits d'entretien avec Eric Hazan :

éditeur de "L'insurrection qui vient" (La Fabrique)

Le 13 décembre 2008








Extraits d'entretien avec Miguel Benasayag :

psychanaliste et philosophe

Le 15 décembre 2008






Les mauvais jours finiront - 2008 - Durée : 126 mn.

Un film ciné-frontières de Thomas Lacoste.

Produit par Julie Paratian.


Ce film ciné-frontières , entre entretiens réflexifs, fictions, littératures, oeuvres picturales et créations sonores, s'articule autour de onze chapitres et d'un bonus La harangue de Baudot.

Il sera projeté uniquement le chapitre 7 : 2001 : un tournant sécuritaire : d'une durée de 10 mn.


Au moment où déferle sur notre pays une vague liberticide sans précédent, où les orientations populistes et sécuritaires ne cessent de se durcir, où le droit des affaires se voit dépénalisé, où l'idée d'une justice à deux vitesses en faveur des puissants semble entendue, alors même que nous sommes pris en otage par une crise financière d'une rare violence et que le dialogue social semble inexistant, Thomas Lacoste choisit de se saisir du quarantième anniversaire du Syndicat de la magistrature pour revenir sur l'enjeu majeur que constitue l'idée de justice et sur le lien étroit qui lie l'histoire politique, sociale et judiciaire française.



A consulter

Site web

L'avenue des sans-papiers - 2006 - Belgique - Durée : 30 mn.

Un film d'Abdelhak Ziani réalisé par Maxime Pistorio.

Produit par Regards croisés.


Abdelhak Ziani empoigne sa petite caméra pour filmer l'occupation épuisante et angoissante de l'église Saint-Boniface à Bruxelles. L'avenue des sans-papiers n'est pas un film sur les sans-papiers, c'est le regard d'un clandestin sur le mouvement des sans-papiers dont il a fait partie.

Abdelhak s'est entouré d'une équipe qui a cherché le langage cinématographique pour accorder l'essence des plans à ses émotions et pensées. Pour ne pas oublier qu'une fois le film fini la souffrance est encore là, et que fermer les yeux n'est jamais une solution.

Le combat pour les droits humains est bien plus vaste qu'un film, mais à défaut d'une carte d'identité, L'avenue des sans-papiers sera une carte de visite pour Abdelhak Ziani.





Vidangé - 2008 - Durée : 16 mn.

Une réalisation de Xavier Pagès.

Produit par Exo-K.


Il y a quatre siècles, les premiers vers à soie arrivaient d'Asie... Aujourd'hui, les usines de textile ferment les unes après les autres. De la bobine de fils à la confection du tissu, de la chaîne à la trame, les états de tissage sont délocalisés

Xavier Pagès va nous faire vivre en photos sa rencontre avec l'équipe en place d'une de ces usines textiles, juste avant sa fermeture définitive.


Xavier Pagès

Plessage ou l'Homme-haie - 2008 - Durée : 40 mn.

Un film de création d'Alain Dhouailly.

Coproduit par Gén. Memo, Kyoko Nagasawa et les Jardins-Jeudis de La Spouze.


Petit cours de plessage avec le film d'Alain Dhouailly tourné durant l'hiver 2008 à La Celle-sous-Gouzon (Creuse) avec quelques habitants du pays.

Alain Dhouailly portait ce film en lui depuis 20 ans. Il avait rencontré le père de René Bourdet dans les années 80 lors d'un précédent tournage dans la région et, celui-ci lui avait parlé avec passion de ce respect des haies et de leurs qualités.

Ce film a été réalisé avec passion et patience car là aussi, c'est un art, comme la haie. La nature peut dire "merci" au réalisateur qui, par la poésie et l'image, nous donne à réfléchir sur son devenir.

Obscènes prières - 2008 - Durée : 16 mn.

Un film de réalisation collective.

Produit par Grenoble Indymedia Vidéo.


Grenoble, le 18 novembre 2006. une prière publique est organisée par l'association anti-IVG, SOS-tout-petits. Mais certain(e) ont décidé de s'opposer à ce rituel "obscène"...


Pour en savoir plus

Indymedia Grenoble
Dessin