Premier festival du documentaire politique et social en Creuse

Présenté par : Autour du 1er mai - Creuse Citron - Emile a une vache - Mémoire à vif - Peuples et Culture 19.

Le vendredi 13 juin 2008 : à l'Atelier (Royère de Vassivière) à 21h. Le samedi 14 juin 2008 : au Villard de 10h à 24h.

Blessures atomiques – 2006 – Durée : 52 mn.

Un film de de Marc PETITJEAN

Le 6 août 1945, la première bombe atomique de l'Histoire est larguée sur Hiroshima. 50 000 personnes périssent en une seconde. Les retombées radioactives seront plus meurtrières encore, entraînant le décès de 250 000 Japonais. Le docteur Hida raconte le combat qu'il a mené toute sa vie auprès des irradiés.

Officiellement, les Etats-Unis ont utilisé deux bombes atomiques pour forcer le Japon à capituler dans les plus brefs délais et ainsi, éviter la mort de milliers de soldats. Le docteur Hida n'y croit pas. Ce médecin, âgé aujourd'hui de plus de 80 ans, spécialisé dans les soins aux victimes d'Hiroshima et de Nagasaki, estime que le but premier du gouvernement américain était d'étudier les effets de la radioactivité sur l'être humain. L'implantation d'un laboratoire sur les lieux du drame (ABCC) créé et géré par les Etats-Unis pour examiner tous les survivants et mener des expériences sur eux, quelques semaines seulement après le bombardement, semble lui donner raison. En 1959, ABCC conclut que les quantités et les effets des retombées radioactives sont négligeables. En 1972, grâce aux recherches du physicien Ernest Sternglass aux États-Unis, le docteur Hida découvre que les radiations de faible intensité sont responsables d'épidémies de cancers dans tout le Japon. Le docteur Hida se rend aux Nations-Unies pour faire reconnaître les vraies conséquences médicales de la bombe atomique, jusque-là niées par les gouvernements japonais et américains. S'appuyant sur des images d'archives américaines déclassifiées et les témoignages bouleversants de rescapés, ce documentaire réfute les discours officiels du Japon et des Etats-Unis et démontre comment le terrible danger des radiations a été minimisé par les administrations américaines dans les années 1950-1970, pour pouvoir développer le nucléaire civil et militaire en toute liberté, et cela en dehors de toute préoccupation de santé publique. Il insiste sur la dangerosité du nucléaire, qu'il soit civil ou militaire.

Le film retrace le parcours de cet homme charismatique et engagé.Il nous alerte sur les enseignements qu'il reste à tirer du nucléaire, 60 ans après Hiroshima et 20 ans après Tchernobyl.

Une œuvre forte et utile dont nul ne ressortira indemne.

Présentation complémentaire :

L'horreur des retombées de l'attaque atomique sur Hiroshima, l'utilisation de ...la population comme cobayes par les américains ! En mémoire des victimes des crimes de guerres américains. Les véritables dangers du nucléaire civil dévoilés ! Pour les victimes quotidiennes du nucléaire civil : la corrélation entre l'augmentation des cancers et la mise en service des centrales atomiques dans le monde...

La guerre nucléaire a déjà commencé Les 6 et 9 août 1945, les États-Unis larguaient sur les villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki deux bombes nucléaires qui tuèrent instantanément plus de 120.000 civils.

À la fin des années 50 on considère que 500.000 personnes sont mortes des suites de leurs blessures ou des radiations. Quant aux 250.000 survivants actuels -en sursis- et leurs descendants, ils ont été marqués à jamais dans leur corps et dans leur histoire. Aujourd'hui encore, ces bombes continuent de tuer dans l'ignorance et l'indifférence du monde. On compte aujourd'hui plus de 3. 800.000 personnes irradiées dans le monde (nucléaire militaire et civil confondus). Des survivants irradiés par la retombée des essais nucléaires en Amérique, en ex-Urss, dans le Pacifique, sont les victimes de la guerre nucléaire, au même titre que les Hibakusha, les survivants des bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki. Ce total, issu d'une enquête menée par plusieurs reporters du quotidien nippon Chugoku Shimbun et primée par l'Association des journalistes japonais, a donné lieu au livre " Hibakusha dans le monde ".

Cette guerre atomique qui n'a parait-il pas eu lieu ne cesse pourtant de faire des victimes. La capacité destructrice de toutes les bombes atomiques produites à ce jour se chiffre à plus de 200.000 fois celle de Hiroshima. À cela s'ajoute une nouvelle menace du nucléaire qui concerne les pays comme la Corée du Nord et l'Iran qui refusent les inspections internationales, ainsi qu'une quarantaine de pays et d'organisations incontrôlés, capables de se procurer de l'uranium pour fabriquer une bombe sale et contaminer ainsi de vastes zones de la planète. Sans compter l'utilisation maintenant banalisée de l'uranium appauvri dans les munitions classiques de l'armée américaine, comme on a pu le voir en Irak. Le Combat des hibakusha au Japon Les Hibakusha, environ 250.000 personnes, sont tous ceux qui continuent jusqu'à ce jour à souffrir de cancers, d'infirmités physiques, psychiques ou de pauvreté consécutives à l'explosion des deux bombes atomiques en août 1945 au Japon.

Après avoir été longtemps ignorés par les autorités, car ils représentaient un passé que tout le monde au Japon voulait oublier, les Hibakusha se sont regroupés en associations et ont raconté ce qu'ils avaient vécu.

Ils ont également pris l'initiative de rencontrer d'autres irradiés à travers le monde, comme ceux de Tchernobyl et ceux des expériences américaines dans l'atoll de Bikini et au Nevada. Ils ont permis à tout le monde de mieux connaître les dangers du nucléaire et ils sont aujourd'hui les plus ardents opposants à la prolifération des armes atomiques. À travers l'histoire du docteur Hida, qui a lui-même été irradié, c'est aux Hibakusha que nous voulons dédier ce film, à leur histoire et à leurs combats. Comment cette arme absolue a-t-elle pu être délibérément expérimentée sur une population transformée en cobayes ? Quelles ont été les souffrances des Hibakusha ?

Pourquoi ont-ils été exclus dans leur propre pays ? Comment, en se regroupant, ont-ils pu retracer leur histoire et faire triompher la vérité sur le danger des radiations.

Le Docteur Hida Monsieur Shuntaro Hida était médecin militaire en 1944 à Hiroshima. Le 6 août 1945, il échappe aux effets directs de la bombe atomique grâce à un concours de circonstance. Quand il entre le lendemain dans la ville détruite, il est contaminé en buvant de l'eau irradiée, mais il ne le saura que beaucoup plus tard.

Seul avec deux autres médecins, il donne tant bien que mal les premiers soins aux blessés du village d'Hesaka, situé à trois kilomètres de Hiroshima, où de nombreux survivants viennent se faire soigner les jours suivants.

Après la guerre, il prend position contre l'occupation américaine et les activités des hôpitaux militaires américains ABCC qui effectuent des tests et des prélèvements sur les personnes irradiées et refusent de communiquer aux médecins japonais des informations qui pourraient les aider à soigner les gens. En 1972, il découvre et traduit en japonais le livre du Dr Sternglass sur les radiations de faible intensité. C'est à ce moment, soit 30 ans plus tard, qu'il comprend pourquoi des gens qui n'avaient pas été directement exposés à la bombe pouvaient mourir des jours, des semaines, des années après, de ce qui était jusqu'alors considéré comme un mal inconnu.

Ils tombaient malades parce qu'ils avaient ingéré des particules radioactives sur les lieux ou parce qu'ils avaient reçu la pluie noire (pluie chargée de particules radioactives) à des centaines de kilomètres de là. À partir de cette découverte, il s'investit totalement dans la recherche sur la relation entre la radioactivité et le développement des cancers. En 1977 le Dr Hida obtient, au terme d'une lutte de plusieurs années avec d'autres Hibakusha, que les Nations-Unies publient tous les deux ans un rapport sur le nombre réel des victimes, incluant les personnes décédées des suites des radiations. Chiffre que les USA tentent par tous les moyens de minimiser pour que l'usage de la bombe atomique qu'ils veulent faire passer pour un geste libérateur ne se transforme pas aux yeux du monde en un génocide. Le Dr Hida a participé à la création et à l'administration du " Japan Federation of Democratic Medical Institutions ".

Il a ensuite dirigé l'hôpital de Saitama dans la banlieue de Tokyo. Aujourd'hui, à 89 ans, soit plus de 20 ans après l'âge de la retraite, il est toujours médecin consultant à Nihon Hidankyô, l'association des irradiés, et donne régulièrement des consultations dans deux hôpitaux de la ville. Parallèlement à ces activités, il n'a jamais cessé de parcourir le monde pour protester contre les armes nucléaires. Il a publié de nombreux ouvrages, entre autres " Survivant de Hiroshima ". Nous avons choisi d'aborder la question de Hiroshima principalement à travers le témoignage du Dr Hida car sa vie et son engagement sont exemplaires à de nombreux titres. Le fait qu'il ait subi la bombe et ses conséquences lui donne déjà une position particulière, un peu comme s'il nous parlait après un séjour dans l'autre monde. Il dit lui-même " être mort une première fois ". Son métier de médecin lui donne une autre pertinence : il sait de quoi il parle quand il analyse les effets de la bombe et des radiations. Par ailleurs, son oeil de clinicien donne à ses descriptions des événements une force supplémentaire car il n'y a pas d'affect, mais des faits dans leur crudité, leur vérité. L'autre dimension du personnage, c'est son engagement pour faire la lumière sur le comportement des Américains à propos de l'utilisation de la bombe en 1945. Engagement aussi pour proclamer le danger réel, jusque-là insoupçonné, de l'effet des radiations sur l'homme. Découlant de cet engagement, se dessine un infatigable militant contre la prolifération des armes nucléaires. Aujourd'hui, à 89 ans, le Dr Hida est un homme très actif. Il a souhaité participer à ce film car il voudrait que son témoignage survive après sa mort alors que, dans les manuels scolaires japonais, l'histoire de cette tragédie occupe de moins en moins de place et que le gouvernement japonais s'apprête à modifier la Constitution du pays pour se doter d'une armée offensive sous la pression des USA.

Sites pouvant être consultés :

Lettres et histoires de l'académie de Rouen

Armand Guerra, requiem pour un cinéaste espagnol – 1998 – durée : 52 mn.

Un film d'Ezéquiel FERNANDEZ

Le cinéma du peuple : première expérience de coopérative cinématographique libertaire.


Armand Guerra cinéaste, espagnol méconnu, militant anarchiste, journaliste et globe-trotteur, eut une vie mouvementée qui s'acheva quelques années aprés le début de la révolution espagnole de 36. La redécouverte de ses films cinquante ans plus tard est l'occasion pour divers intervenants, et en particulier pour sa fille qui ne l'a pas connu, d'évoquer l'homme et l'artiste dans son contexte politique et historique. Au milieu de l'été 36, alors que les troupes franquistes sont aux portes de madrid, le syndicat CNT-FAI (anarcho-syndicaliste) « contraint » Armand Guerra à poursuivre le tournage de « Carne de fierras », mélodrame sentimental d'inspiration anarchiste, qui met en scène un homme (Guerra lui-même) amoureux d'une artiste de cabaret. Puis Guerra s'exile à Paris et il faudra attendre la mort de Franco pour sortir des oubliettes les bobines frappées jusque là par la censure. La fille du cinéaste, Vicente, découvre son père sur l'écran et entreprend de faire connaître sa vie et son oeuvre. Avec elle, des historiens, mais aussi des acteurs, monteurs et autres témoins retracent les voyages et les engagements politiques de Guerra, et dessinent en filigramme le portrait d'une Europe agitée de soulèvements populaires.

Bibliographie :

«A través de la metralla – Escenas vividas en los frentes y en la retaguardia » d'Armand Guerra
(Ed. La Malatesta Editorial – Madrid - 2006)

Sites pouvant être consultés :

«Armand Guerra, un cinéaste hors du commun»
Biographie d'Armand Guerra

Busqueda piquetera – 2005 – Durée : 62 mn.

Un film de de Jeanne GAGGINI et David PLANQUE

La créativité sociale dans les luttes populaires : l'exemple du mouvement des chômeurs argentin .

Les manifestations, émeutes et pillages de décembre 2001 (appelés là-bas couramment le «9-20») ont révélé à la scène internationale la grave crise économique que traverse l’Argentine.Cependant dés le milieu des années 90, les licenciements massifs ont poussé les plus pauvres à s’organiser collectivement pour faire face à la misère. Et ce sont ces seules expériences sociales, antérieures au «19-20», qui résistent dans le temps. En dehors des structures syndicales ou politiques, apparaissent des mouvements de chômeurs, les premiers «piquetes» blocages de routes, l'autogestion d'usines récupérées, la résistance de paysans qui luttent pour ne pas être expulsés de leurs terres...

De ces expériences se dégagent différentes pratiques et formes d’organisation basées sur l’horizontalité et une recherche constante d’autonomie face aux institutions.

Les piqueteros argentins constituent un mouvement politique d'un type nouveau, qui a réussi à mettre en place, non seulement des actions novatrices de désobéissance et de résistance, mais aussi des pratiques politiques basées sur la démocratie directe, sur l'autogestion et l'autonomie. Il s'agit d'un sujet politique qui, loin d'être unitaire, fait de la lutte contre l'atomisation et l'exclusion sociale un instrument pour la reconnaissance d'une identité multiple, plurielle et hybride. Ils ont formé des réseaux qui, face au vide du pouvoir de l'Etat et contrariant les prévisions apocalyptiques, ont défini des espaces pleins de puissance, où «le nouveau» a la capacité de créer des dynamiques politiques et sociales effectivement constituantes.

Tourné en 2003, BUSQUEDA PIQUETERA donne la parole aux piqueteros du MTD Solano (Movimiento de trabajadores desocupado).

A consulter :

Texte des réalisateurs en guise de préambule avant la diffusion du film (dans «La lettre du Cercle Antonio Gramsci» n°133 novembre-décembre 2007. Limoges).

Jean Meslier, curé d’Etrépigny – 2007 – Durée 50 mn.

Un film de d'Alain DHOUAILLY

Alain Dhouailly exerce aussi la profession de libraire.

Le film raconte la vie de ce curé, particulièrement la façon dont il s’est opposé à sa hiérarchie et à plusieurs dogmes. C’est essentiellement une sorte de film-lecture qui fait donc la part belle à la pensée et aux textes de ce curé de petite paroisse ardennaise qui a développé une pensée libre. Il a rédigé ce qu’il est convenu d’appeler son testament philosophique : «Pensées et sentiments» où il a exprimé sa révolte, son athéisme, et une pensée politique nette. Ce manuscrit a été lu, clandestinement, par Voltaire, d’Holbach et Rousseau.

Ce curé, né en 1664 et décédè en 1729, est maintenant présenté comme un précurseur du Siècle des Lumières.

Trois extraits de son «catéchisme» :

«Je voudrais, et ce sera le dernier et le plus ardent de mes souhaits, je voudrais que le dernier des rois fût étranglé avec les boyaux du dernier prêtre.»

«La religion soutient le gouvernement politique, si méchant qu'il puisse être. Le gouvernement politique soutient la religion, si sotte et si vaine qu'elle puisse être.»

«Votre salut est entre vos mains. Votre délivrance ne dépendrait que de vous, si vous saviez vous entendre tous.[...] unissez vous donc, peuples, si vous êtes sages. [...] Répandez partout, [...] les écrits [...] qui fassent connaître à tout le monde la vanité des erreurs et des superstitions de la religion et que rendent partout odieux le gouvernement tyrannique des princes et des rois de la terre.»

Références bibliographiques :

-- «Le Curé Meslier. Athée, communiste et révolutionnaire sous Louis XIV» de Maurice Dommanget. (Ed. Julliard. 1965)

-- «Oeuvres complètes» de Jean Meslier. (Ed Anthropos. 1970-1972. 3 tomes)

Sites pouvant être consultés :

Michel.onfray
Biographie
Sur le site de Geocities

Extrait de «Anarchisme et changement social» de Gaetano Manfredonia (Ed. ACL. 2007) :

«Originaire des Ardennes, Jean Meslier fit ses études au séminaire de Reims. Ordonné prêtre en 1688, il devint le curé du petit village d'Etrépigny, charge qu'il occupa jusqu'à la fin de ses jours. Ce n'est qu'à sa mort que ses véritables opinions furent connues. Dans un volumineux manuscrit, connu depuis sous le nom de Testament, Meslier faisait part à ses paroissiens de ses pensées à propos "des abus et des erreurs de la conduite et du gouvernement des hommes" ainsi que de ses démonstrations, "claires et évidentes", "de la vanité et de la fausseté de toutes les divinités et de toutes les religions du monde". Apprécié par les "philosophes" par sa charge contre la religion et son anticléricalisme, le Testament fut édité à plusieurs reprises, notamment par Voltaire, mais jamais dans son intégralité.


Véritable précurseur des Lumières, le curé Meslier est l'auteur du XVIIIe siècle chez qui la remise en cause de la légitimité historique et sociale de l'État de droit divin est la plus nette. Sa pensée s'articule autour de quatre idées force : 1) la critique radicale de la religion en tant que soutien de la tyrannie et non pas exclusivement en tant que mensonge ; 2) la lutte contre la royauté et ses suppôts. Lutte qui se double chez lui d'une véritable haine pour les privilégiés au point de souhaiter que tous les grands de la terre et tous les nobles fussent pendus "avec les boyaux des prêtres" ; 3) la remise en cause du mariage et l'établissement de nouvelles relations entre les sexes ; 4) la conviction de la nécessité du communisme et du partage égalitaire des richesses. Meslier, cependant, contrairement à la tradition utopiste autoritaire remontant à Platon, refusait de confier à l'État la tâche d'organiser la vie économique et sociale de la cité. À la place, il envisageait la constitution de communautés autonomes s'administrant elles-mêmes et qui, en cas de besoin, s'aideraient et se porteraient secours mutuellement. Les conceptions du curé Meslier, enfin, par l'appel à l'action directe des exploités qu'elles contenaient, annoncent bel et bien la formation d'un véritable imaginaire subversif moderne et peuvent, de ce fait, être rattachées sans conteste à l'anarchisme.»

Kwassa Kwassa Creuse – 2006 – Durée 52 mn.

Un film de de Patrick WATKINS

C'est un film issu d’un travail de recherche et de réalisation mené sur trois ans (2003-2006). Patrick Watkins a filmé le parcours de jeunes Mahorais, inscrits dans des lycées creusois sans avoir choisi ni leur orientation ni leur ville d’accueil.

Comment ces jeunes ressentent-ils et analysent-ils la situation qui leur est faite, en tant qu’élèves ? En tant que Mahorais et Français ? En tant que Mahorais et Africains ?

Comment analysent-ils l’histoire des Comores ? Comment en sont-ils venus à développer une pensée nationaliste exclusive ? Peuvent-ils la critiquer ?

Où en est la pensée coloniale ?

Ce film pose un regard humaniste, fraternel sur ces jeunes Mahorais, dépasse largement le constat des difficultés liées à la vie quotidienne dans un univers si différent du lieu d’origine et s’intéresse à la construction de pensées individuelles, partagées… et aux dégâts provoqués par les politiques vantant l’identité nationale et restreignant immigration et droit d’asile.

Le titre à double tranchant injecte dans les histoires privées la dimension inégalitaire du monde et des visions nationalistes ordinaires.

Site pouvant être consulté : Billetsdafrique.info

Le chômage a une histoire – 2001 – Durée 104 mn.

Un film de Gilles BALBASTRE

(Projection sous réserve)

Comment a-t-on pu accepter l’augmentation du nombre de chômeurs jusqu'à plus de trois millions aujourd’hui, quand, en 1967 (250000 demandeurs d’emplois), Georges Pompidou s’inquiétait : « Si un jour on atteint les 500000 chômeurs en France, ça sera la révolution »… Le film retrace en deux paries (1967-1981 et 1981-2001) 35 ans d’histoire sociale et politique du chômage, et le travail idéologique effectué pour faire accepter à la population française l’existence du chômage.

Première partie : 1967 – 1981

Ouverture sur une intervention de POMPIDOU à la télévision qui déclare : « Etant donné les mutations de nos sociétés actuelles, nous devons considérer l’emploi comme un problème permanent » .On est en 1967, il y a 250000 chômeurs et selon Ceyrac, citant le même POMPIDOU, si l’on devait atteindre les 500000, « nous aurions une révolution » .La région du Nord est la première et la plus touchée par les mutations industrielles. Or à l’époque le chômage est peu protégé et peu indemnisé. Ce qui amène Jacques CHIRAC, alors jeune secrétaire d’état à l’emploi à créer l’ANPE en mai 1967. La France va, dés lors, s’enfoncer dans le chômage. L’ouverture des frontières en 1968 met l’économie française face à une concurrence à laquelle elle n’est pas préparée. « Nous serons donc en risques permanents » avertit POMPIDOU qui ajoute que les chefs d’entreprise « doivent vivre dans une préoccupation constante ». Fin 1967, il y a 400000 chômeurs et un téléfilm, « De la belle ouvrage » se penche sur les problèmes des ouvriers remplacés peu à peu par les machines.

Mais la classe ouvrière reste encore puissante, et la première séquence du documentaire de Gilles BALBASTRE s’intitule d’ailleurs : « 1968 / 1973 : Apogée de la classe ouvrière ».

Suite au mouvement de 1968, les accords de Grenelle ont permis de relancer la croissance. Mais c’est une période de rapports sociaux très durs. En octobre 1970, dans l’émission « à armes égales » où se retrouvent face à face SEGUY / CEYRAC , le film de la CGT présenté pour ouvrir le débat donne le ton .

Un premier carton pose la question : « A qui appartiennent les usines ? ». Réponse aux DE WENDEL, ROSTCHILD, DASSAULT…

Le second carton enchaîne : «  Qui crée, dans ces usines, ces laboratoires, ces ateliers, ces richesses ? ». Réponse : les travailleurs.

Puis le troisième carton enfonce le clou : « Qui en profite ? ». Réponse : une poignée d’exploiteurs.

La phrase de MARX conclut : « Pour produire, les travailleurs n’ont pas besoin des exploiteurs mais les exploiteurs ont besoin des travailleurs ».

Les grèves se multiplient dans les secteurs les plus durement touchés, en particulier l’industrie automobile, tandis qu’en 1971, le nombre de chômeurs atteint 500000. En 1973, les 1300 salariés de LIP organisent une grève autogestionnaire pour contester le dépôt de bilan. Cette grève, « Insurrection de l’esprit » selon ROCARD, va servir d’exemple à d’autres entreprises, telles, ces ouvrières d’une usine textile en Vendée qui prennent en charge la production en chantonnant : « Travailler pour nous c’est doux » sur l’air de : « boire un petit coup… ».

A cette effervescence jubilatoire, va, hélas, succéder une période plus sombre :

C’est le second volet du documentaire : « 1974 / 1976 : La crise ».Il y a bien sur le choc pétrolier de 1973 qui entraîne des mesures draconiennes mais dérisoires pour économiser l’énergie. Exemple : plus de télévision après 23 heures.

La crise cependant, est aussi due aux transformations technologiques, et le chômage s’accélère. L’annonce des 1 million en 1975 crée un véritable choc. Même les cadres sont touchés et peu à peu le chômage fait naître un sentiment de culpabilité. On est considérés comme des parias.

En mai 1976, GISCARD annonce une reprise alors que l’austérité sera la politique dominante de son gouvernement, de 1976 à 1981.

Comme le dit STOLERU : «  BARRE a sifflé la fin de la récréation ». Car BARRE considère que : «  La France vit au dessus de ses moyens » et l’emploi passe au second plan. D’ailleurs, le chômage est inéluctable comme François de CLOSET essaie d’en convaincre les français à la télévision.

Dans le même temps, les « stages BARRE » voient le jour pour améliorer la formation des jeunes au chômage. Mais on assiste à la montée inexorable des chiffres - en 1980 , 1,5 million de chômeurs. En 1978, la restructuration a entraîné 20000 suppressions d’emploi dans la sidérurgie. La Lorraine et le Nord deviennent des régions sinistrées, « on dirait que la guerre a passé »  dit un ouvrier dans un documentaire de Karlin sur les chômeurs tourné sous Giscard mais présenté à la télévision seulement après 1981. En1979, en haut du crassier de Longwy, on peut lire trois lettres géantes : S.O.S. C’est le dernier cri des mineurs lorrains qui n’acceptent pas de disparaître en silence, au non d’une décision prise ailleurs et depuis longtemps. Mais les luttes, faute aussi d’unité syndicale, sont de plus en plus difficiles. C’est pourquoi l’arrivée au pouvoir de MITTERRAND est tellement porteuse d’espoir. MAUROY d’ailleurs n’hésite pas à dire : « Nous allons entrer en guerre contre le chômage ». C’est vrai que 1981 apporte quelques améliorations sociales mais sans juguler le chômage qui atteint en 1983, 2,2 millions.

Fin de la première partie.

Deuxième partie : 1981 – 2001

1982 / 1983 marque un tournant. « Patience – Solidarité » demande DELORS qui engage la France dans une politique de rigueur avec la dévaluation du franc au détriment de la relance. Ce qui ne va qu’accentuer la fracture sociale. Commence alors « la casse industrielle :

1983 / 1984 » avec, en particulier, le plan acier qui entraîne de violentes manifestations à LONGWY. « Nous vous démissionnons » lance un manifestant au député PS. Les ouvriers se sentent trahis et on assiste à un recul social qui touche surtout les jeunes et les chômeurs de longue durée. En février 1984, est diffusée l’émission télévisée : « Vive la crise » avec un Yves MONTANT qui nous fait la leçon. « L’horreur » reconnaît CHEVENEMENT. Ce qui est sûr c’est que l’émission reflète parfaitement l’état d’esprit du moment, à savoir l’abandon par la gauche des classes populaires. Toutes les valeurs de la gauche sont mises à mal. Vive le culte de la réussite ! L’Amérique de REAGAN montre l’exemple et nos intellectuels, tel Laurent JOFFRIN de « Libé », enfoncent le clou. C’est l’époque TAPIE dont le slogan est : « Imaginatif – Vendeur – Meneur ». Les conquêtes sociales sont remises en cause.

Il s’agit de diminuer le coût du travail pour augmenter le profit. Il y a explosion de le précarité avec les TUC , les CES qui entraîne une chute de la syndicalisation . Non seulement, on note une rupture entre les générations ouvrières mais aussi une rencontre désormais impossible entre les intellectuels et les ouvriers. En décembre 1985, COLUCHE crée les Restos du cœur pour les exclus de plus en plus nombreux. En décembre 1988 est mis en place le RMI. Mais rien n’arrête le « raz de marée » du chômage, avec de véritables « charrettes » de licenciements qu’impose l’Europe qui se met en place. Avec aussi une augmentation du temps partiel, donc des emplois précaires et corollaire oblige la violence urbaine qui explose. En 10 ans augmentation du taux d’incarcération de 30%. Les titres de cette seconde partie sont évocateurs : « La société décomposée », « L’emploi en miettes ». Gilles BALBASTRE fait là l’histoire d’une défaite sociale et politique. C’est clair : les ouvriers ont été trahis et les inégalités ont été acceptées « comme on accepterait un changement de climat » selon Mermet. Constat désespérant qui se termine par cette phrase de KRASUCKI qui nous rappelle que perdre son travail, c’est perdre sa dignité : « Il n’y a pas de moyens de coercition pire que le chômage ».

Un remarquable documentaire avec des documents rares construit avec efficacité et rigueur. On en redemande.

Sites pouvant être consultés :

la-bas.org www.cndp.fr

MIL (histoires d'une famille avec histoire) – 2006 – Durée 52 mn.

Un film de Martina Loher RODRIGUEZ

A travers le vécu de la famille Solé Sugranyes, le documentaire retrace l’activité d'un groupe de révolutionnaires ( le MIL, Movimento Iberico de Liberación) en Catalogne au début des années 1970. Lors d’un long voyage qui commence à Genève, passe par l’Espagne pour revenir finalement en Suisse, le film fait découvrir le réseau entre les différents personnages et lieux.

A Barcelone, nous rencontrons Xita, 85 ans, mère de onze enfants dont cinq ont été impliqués dans les luttes que menèrent le MIL.L'un d'eux, Oriol, fut assassiné par la garde civile, en 1976, lors d'une évasion.

PRESENTATION DU MIL :

Le «Mouvement Ibérique de Libération» (MIL) a existé malgré lui : c’était un groupe affinitaire qui n’a jamais voulu constituer un autre groupuscule de la gauche, mais qui, néanmoins, fini par le faire, de 1971 à 1973, entre Barcelone et Toulouse. Il serait faux d’attribuer les membres du MIL à l’opposition antifranquiste, car leur vision allait toujours au-delà de la dictature fasciste : ils étaient principalement anticapitalistes. Le fascisme ne représentait pour eux que la face la plus horrible du système capitaliste. De plus, après le procès de Burgos en 1970, où Franco commuta six peines de mort, ils voyaient déjà la fin de la dictature comme un fait (presque) accompli.

Le MIL était un conglomérat de jeunes amis et frères qui, en partant du communisme, se sont toujours plus radicalisés, jusqu’au point où ils ne pouvaient plus s’intégrer à aucun des groupes politiques existant en Catalogne. Leur vision conseilliste du communisme faisait qu’ils voyaient le mouvement ouvrier autonome comme unique étincelle qui pourrait enflammer la révolution, sans aide de l’avant-garde d’un parti, d’un syndicat ou d’un groupe d’intellectuels quelconque. Ils voulaient donc, non pas instruire les ouvriers, mais simplement les soutenir dans leur lutte : ceci par le moyen de fonds expropriés dans des banques et par la construction d’une bibliothèque socialiste qui mettait à la disposition des ouvriers des textes socialistes méconnus et/ou interdits en Espagne.
Ceci d’un point de vue théorique.

La pratique fut autre : le MIL s’est vite complètement autonomisé et a perdu son inscription dans le contexte ouvrier de Barcelone. Les expropriations servaient surtout à l’auto-financement de leur propre infrastructure clandestine et la bibliothèque n’a jamais été achevée, même si une quinzaine de textes ont été édités par les éditions «Mayo 37» du MIL, nom faisant allusion à la situation révolutionnaire à Barcelone, pendant la révolution espagnole de 36.
En 1973, le MIL s’auto-dissout, en réponse à sa professionnalisation : le groupe se rend compte que sa pratique s’est trop éloignée de ses idées. Paradoxalement, le MIL se fait connaître par la population seulement après sa dissolution, et ceci à travers des faits tragiques. Le MIL qui écrit sur un des tracts : NI HEROS, NI MARTYRES finit par en avoir deux : Salvador Puig Antich, garrotté le deux mars 1974 et Oriol Solé Sugranyes, abattu lors de sa fuite le six avril 1976. Franco était alors déjà mort.

Bibliographie :

«Le MIL : une histoire politique» de Sergi Rosès Cordovilla (Ed. Acratie – 2007).

«Histoire désordonnée du MIL» d'André Cortade (Ed L'Echappée – 2005).

«Mouvement Ibérique de Libération – Mémoires de rebelles» de Jean-Claude Duhourcq et d'Antoine Madrigal (Ed CRAS -2007).

Sites pouvant être consultés :

ateneuenciclopedicpopular.org mil.gac.info

Les moissons de la révolte - 2006 - durée : 52 mn.

Un film de de Richard HAMON et Allessandro STELLA

Une histoire de l’espagne à travers la question de la terre.

75 ans après le coup d’Etat militaire de Franco, les paysans andalous demeurent soumis pour une large majorité à l’arbitraire des grands propriétaires terriens. : ils sont aujourd’hui encore engagés comme journaliers, ce qui signifie pour eux misère, précarité, soumission et parfois révolte. Au temps de la République en 1933, la réforme agraire que celle-ci avait promis ne voyant pas le jour , les paysans andalous s’étaient soulevés. A Casas Viejas, après une de ces révoltes, 22 journaliers anarcho-syndicalistes furent massacrés par la garde civile pour l’exemple. Et comme le dit l'historien anarchiste Abel Paz, « L'espagne toute entière est devenue Casas Viejas ».

La mémoire de ce massacre reste toujours vive et, si actuellement l’injustice règne encore dans les champs, certains paysans se sont organisés pour travailler autrement. Ils ont conquis des terres sur les domaines des grands propriétaires terriens, fondé des communes agricoles et créé des coopératives. De façon pacifique, par une lutte quotidienne et en faisant appliquer la loi, ils ont parachevé l'idéal égalitaire, pour lequel avaient lutté leurs parents, au temps de la République et de la révolution espagnole de 36 : des villages développent une certaine autogestion. A Marinaleda, selon les slogans peints sur les murs, « l'utopie égalitaire est en marche » !

Petit rappel historique des « événements » de Casas Viejas :

Extrait de « Le mouvement anarchiste en Espagne. Pouvoir et révolution sociale » de César M. Lorenzo (Les Editions Libertaires. 2006) : « Les événements furent tragiques à Casas Viejas où la garde d'assaut, appliquant fidèlement – selon les dires de certains officiers – les ordres de Manuel Azana, chef du gouvernement (“Ni blessés, ni prisonniers, des balles dans le ventre”), perpétra un massacre durant la nuit du 1& au 1é janvier : villageois brûlés vifs dans la hutte qu'ils habitaient, vieillards et gamins fusillés, loi du silence imposée aux témoins. [...] Républicains et socialistes au pouvoir en purent jamais se relever moralement d'avoir permis la tuerie de Casas Viejas, un véritable crime contre l'humanité. Au lieu de faire des concessions opportunes, de réaliser des réformes sociales urgentes, de s'attaquer aux causes profondes de mécontentement, ils en surent répondre à la colère des paysans andalous que par une répression implacable, [...] à la misère et à l'injustice que par le maintien du statu quo.»

Un monde moderne – 2005 – durée : 84mn.

de Sabrina MALEK et Arnaud SOULIER

Documentaire primé au festival « Les Ecrans documentaires » en 2004 à Arcueil.

Depuis quelques années, les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire ont mis en place une nouvelle organisation du travail afin de baisser les coûts de production. Le principe est de faire massivement appel à la sous-traitance et à l’intérim. Parallèlement à la construction du plus grand paquebot du monde, le Queen Mary 2, les salariés des Chantiers nous racontent comment ils vivent cette précarité organisée.
Quelles conséquences cette réorganisation induit-elle au niveau individuel et collectif ?
Quels changements implique-t-elle dans les conditions et les rapports au travail ?

En septembre 2002, le Centre de Culture Populaire de Saint-Nazaire accueille en résidence les deux réalisateurs pour un an. C'est au cours de cette année qu'ils décident de tourner un documentaire sur les conséquences de la réorganisation du travail aux Chantiers de l'Atlantique. Ces derniers étaient alors en pleine construction du célèbre Paquebot Queen Mary 2.

Pour les réalisateurs, l'enjeu du film « n'est pas de faire le constat de la fermeture de telle ou telle entreprise et de ses conséquences, mais de prendre la mesure de la généralisation voir de la normalisation du travail précaire et à partir de là, questionner les modifications qui s'opèrent dans le rapport au travail qu'ont les salariés dans ce nouveau contexte. »

Pénétrer à l'intérieur des Chantiers de l'Atlantique pour filmer le travail s'est avéré impossible. Les réalisateurs n'ont en effet jamais obtenu les autorisations de tournage : « Nous avons choisi de mettre en scène cette interdiction et avons posé notre caméra dans les principaux lieux qui entourent les Chantiers. C'est la parole ouvrière qui nous y a fait pénétrer. »

Site pouvant être consulté :

unmondemoderne.com

Nécessaire(s) Territoires(s)- 2006 - Durée 21mn - Digital vidéo

Un film de Benoît Perraud

"Ce monde est injuste. Notre organisation inhumaine. On le sait. On le montre. Tout le temps. Je ne veux même pas proposer une dénonciation de tout ça. Je cherche autre chose..."
À travers des rencontres à Limoges et à La Rochelle, des images et des sons glanés ici ou là, une recherche de ce que sont et ce que peuvent être le squat, les alternatives et, par là même, l'utopie.

Générique

Auteur-Réalisateur : Perraud (Benoît)
Production / Diffusion : Université de Poitiers

Oaxaca, entre rébellion et Utopie – 2007- Durée : 73 mn.

Un film de Miriam Fischer

Le 14 juin 2006 le campement des professeurs en grève de la ville de Oaxaca a été brutalement délogé. Ce délogement brutal a provoqué un large soutien de la population de la ville, qui a protesté par centaines de milliers de personnes.
En réprimant de façon autoritaire la population autochtone et le mouvement social, le gouverneur en poste Ulises Ruiz Ortiz s’est attiré la colère de la quasi-totalité des secteurs de la société.

Retour sur Ouvéa – 2008 – Durée : 70 mn.

Un film de Medhi Lallaoui

(Projection sous réserve)

A 20 000 kilomètres de la France, dans l'archipel des Loyautés, Ouvéa est une petite île de Nouvelle- Calédonie dont certains disent qu'il y fait bon vivre et que les publicitaires comparent volontiers au Paradis.
Aux antipodes de cette image de carte postale, cette île du Pacifique fut, en avril-mai 1988, le théâtre d'une succession de drames que la presse continue d'appeler l'affaire de la grotte d'Ouvéa.
20 ans après ce drame qui a causé la mort de quatre gendarmes français et de dix-neuf jeunes indépendantistes kanaks, dont plusieurs furent exécutés après s'être rendus, la Nouvelle-Calédonie se construit avec un gouvernement composé à la proportionnelle de loyalistes et d'indépendantistes.

Dès 1984, les revendications d'indépendance des kanaks se sont heurtées à la force et au mépris du pouvoir colonial français. Entre les deux tours de l'élection présidentielle, qui oppose en 1988 le Président François Mitterrand et Jacques Chirac alors premier ministre de la "cohabitation", les affrontements, devenus quotidiens, ont cédé la place à une escalade de la provocation jusqu'aux assassinats et à une longue prise d'otage.
Ces morts d'Ouvéa allaient peser lourd dans les négociations de retour à la paix qui allaient aboutir en juillet 1988 aux accords de Matignon et à une amnistie générale des deux parties.

A Ouvéa, vingt ans après, les acteurs directs de ce drame et les familles des nationalistes assassinés se souviennent, souvent avec émotion, du déroulement de ces deux mois. Aujourd'hui, si la société kanak va de l'avant sans haine, elle n'oublie pas cet épisode de son passé.

Escadrons de la mort, l'école française – 2003 – Durée 52 mn.

Un film de de Marie-Monique ROBIN

En1976, le général Videla, prend le pouvoir en Argentine. D’autres pays d’Amérique du sud sont déjà sous la coupe des militaires : le Brésil, le Chili, le Paraguay, la Bolivie. Une répression féroce est menée, au nom de l’anticommunisme, contre tous les opposants. On connaît le rôle joué par les Etats-Unis dans cette lutte mais on sait moins que les Français y ont participé bien plus activement.

Militaires français et anciens militants de l’OAS ont, en effet, été les formateurs, au service des juntes sud-américaines. Une exportation de nos compétences dont certains ne veulent guère se souvenir mais que Marie-Monique Robin va remettre sur le devant de la scène avec cette remarquable enquête qui remonte peu à peu toute la filière grâce aux témoignages ahurissants de cynisme du général Aussaresses par exemple, ou du général argentin Diaz Bessone, ex- ministre de la planification

 

 

 

Comme un seul homme

Un film de François Chouquet - 2005 - Durée 55mn.

Ils avaient 20 ans quand ils ont décidé de s’engager contre la guerre d’Algérie par les voies de la non-violence . Plus de 40 ans après, ils se retrouvent et font le point de cet engagement qui résonne, malgré le temps passé, avec l’actualité nationale et internationale de ce début de 21ème siècle.